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Les elfes

Les elfes

Publiée le 27 mars 2017  

C’est en recherchant de vieux documents que mon regard est tombé sur cette boîte, une boîte à biscuits décorée d’une gravure ancienne. En soulevant le couvercle, j’étais loin de me douter qu’elle allait m’ouvrir de nouveaux horizons. Elle contenait un assortiment de clés. Nous avons tous dans nos tiroirs d’anciennes clés dont l’usage s’est perdu pour l’une ou l’autre raison. Trois d’entre elles étaient réunies par un anneau accompagné d’une plaquette sur laquelle il était écrit : La Treille. Les doubles des clés d’un mas revendu l’année précédente.


L’idée que je pourrais les rendre aux nouveaux propriétaires germa dans mon esprit. Je me rendais encore de temps à autre dans ce village. La maison appartenait maintenant à deux femmes qui n’avaient pas retenu particulièrement mon attention, si ce n’est par ce détail qu’elles étaient lesbiennes et n’en faisaient pas mystère. Comme j’ignorais leur numéro de téléphone, je me présentai chez elle un jour de septembre, en fin d’après-midi. Le soleil déclinant incitait à une douce torpeur.
Mon coup de sonnette ne fut pas tout de suite suivi d’effet. Je me préparais à faire demi-tour quand une fenêtre de l’étage s’ouvrit. Un visage apparut : 

- Vous désirez ?
- Je vous apporte des clés.
- Des clés ? Attendez.

Et la fenêtre se referma. Peu après la porte s’ouvrit, encadrant la silhouette d’une femme légèrement vêtue :

- Ah ! C’est vous ! Entrez, je ne vous avais pas tout de suite reconnu.
- Je vous dérange ? Excusez-moi, mais je n’avais pas d’autre moyen de vous joindre.
- Ce n’est rien. Asseyez-vous.

Comme ses formes épanouies apparaissaient au travers du tissu léger de sa nuisette, je me sentais mal à l’aise. Sur son insistance, je pris place sur le rebord du premier fauteuil qui se présenta, ne sachant que faire de mes mains. Mon hôtesse s’assit en face, exhibant aussitôt une paire de jambes au galbe irréprochable.

- Alors, vous nous apportez des clés ? Montrez voir.
Je lui tendis le jeu de clés.

- Mais oui, elles sont conformes aux nôtres. Vous auriez pu entrer chez nous à l’improviste.
- Je ne me serais jamais permis, dis-je en rougissant.
- Et c’est un an après la signature de l’acte que vous nous les rapportez. Ça mérite une punition, fit-elle en pointant un doigt sévère dans ma direction. Isabelle, descends ! c’est Etienne Leconte qui nous apporte un jeu de clés.

L’apparition d’Isabelle mit le comble à ma stupeur. L’escalier donnant dans le séjour, je la vis descendre les marches lentement, chaussée de bottes cuissardes d’un noir éblouissant. Son corps était tout aussi peu vêtu que celui de son amie Danielle : une guêpière et un mini-slip qui ne laissait rien ignorer de ses formes généreuses. J’eus la sensation de tomber dans un piège, car je ne pouvais pas détacher mes yeux de cette créature divine qui m’observait d’un regard amusé.

- Ne craignez rien, dit Danielle. Nous aimons nous adonner à de petits jeux exhibitionnistes et le hasard a voulu que vous tombiez en pleine récréation amoureuse. Ah ! J’oubliais : que puis-je vous servir ?
- Je ne sais si je puis accepter.
- Mais si, mais si, vous pouvez.

Tandis qu’Isabelle se tenait entre mon fauteuil et la porte, réduisant à néant toute possibilité de fuite, son amie versa des jus de fruits et les apporta sur un plateau. Puis elles s’assirent toutes deux dans le canapé.

- C’est bien aimable à vous de nous avoir rapporté ces clés, dit Danielle. Mais il va falloir vous excuser de les avoir gardées si longtemps.

Et ce disant, elle tendit son pied chaussé de mule dans ma direction. Après avoir bu une gorgée de jus, je m’excusai. Dans l’embarras où je me trouvais, je parlais confusément, assurant que cela ne se représenterait pas.

- Comprenez-nous, dit Isabelle, les paroles sont agréables, mais ne suffisent pas. Nous aimerions un geste prouvant votre bonne foi.
- Oui, dis-je, j’aurais dû vous apporter des fleurs.

Les deux déesses à qui j’avais à faire se regardèrent d’un œil complice, tout en souriant.

- Vous allez vous mettre à genoux et nous demander pardon.

À ce moment-là, j’aurais dû me lever et m’esquiver. Mais je restais là comme hypnotisé face à ces deux beautés dont l’une souriait tandis que l’autre me fixait avec sévérité. Elles s’étaient réparti les rôles pour anéantir mon libre-arbitre.

Etienne tomba à genoux sur le tapis et prononça :

- Pardon maîtresses, de vous avoir déplu.
- Oh ! Il est trop mignon, dit Danielle.
- Il ne faudra tout de même pas oublier sa punition, ajouta Isabelle.
- En attendant, tu peux embrasser mes genoux.

Etienne crut défaillir de bonheur en posant ses lèvres sur la peau satinée de Danielle. Il n’ignorait pas l’usage en vigueur chez les anciens d’embrasser les genoux pour accompagner une supplique. Dans le cas présent, il s’y ajoutait une connotation sensuelle qui éveilla bien vite de vives sensations au niveau de son bas-ventre. Il osa faire glisser sa bouche tout le long des jambes de Danielle, s’attardant là où la peau lui semblait plus veloutée. Il descendit jusqu’à la cheville, puis posa un baiser sur le cou-de-pied. Danielle, muette, recevait cet hommage avec fierté.

Etienne avait abdiqué toute capacité de résistance, comme s’il avait bu un philtre d’amour. Isabelle s’était approchée de Danielle pour l’embrasser ; leurs lèvres se nouèrent. Puis elle leva une jambe gainée de cuir et la posa sans complexe sur le dos d’Etienne. Remuant le pied, elle caressait sa nuque avec le cuir de sa botte. Etienne y vit un encouragement à persévérer. Dans un effleurement continu, il remonta des courbes jusqu’à la naissance des cuisses. Il marqua un instant d’hésitation qui fut immédiatement suivi d’une pression de la botte d’Isabelle. Il poursuivit son exploration tout au long des cuisses, ce qui accrut son excitation. Danielle avait fermé les yeux.

- Je croyais que tu n’aimais pas les hommes.
- Chut…On peut faire une exception. Il embrasse divinement.

Etienne était maintenant au seuil de l’antre sacré. Il semblait oublier que Danielle était lesbienne et pour cause, puisqu’elle-même ne s’en souciait pas. Toujours agenouillé au pied du canapé, il la butina avec application. Elle jeta ses deux jambes sur les épaules d’Etienne pour mieux le retenir. Isabelle aurait voulu participer à la fête, mais, déjà satisfaite de voir le bonheur de son amie, elle attendait son heure. Soudain le corps de Danielle se cambra et une onde de plaisir le parcourut.
Cependant Etienne restait sur sa faim. Son sexe emprisonné lui faisait mal. Danielle, devinant sa gêne, lui fit signe de la suivre à l’étage. Il ne se fit pas prier et la suivit comme un petit chien. Isabelle lui emboîta le pas.

Au centre de la chambre trônait un grand lit défait. Un vaste placard occupait le mur du fond. Les autres parois étaient couvertes de lambris. Un fauteuil, une chaise et une commode aux tiroirs entrebâillés complétaient le mobilier. Allongée sur le lit, Danielle exhibait son corps splendide dans une pose lascive. Etienne eut tôt fait de se déshabiller, puis il se jeta sur elle comme un fauve affamé. Il la couvrit de baisers, s’attardant sur les deux globes laiteux. Elle avança la main à la rencontre du sexe dressé et le dirigea vers sa vulve exacerbée, source de tous les plaisirs. Enfin il la pénétra fougueusement, ivre de désir. Une suite de gémissements se succédèrent.
Pendant ce temps, Isabelle, assise dans le fauteuil, se caressait, tout en se régalant du spectacle des amants. Puis elle saisit un olisbos et se l’introduisit lentement dans le sexe. Elle aussi commençait à se pâmer, tandis que les deux autres, soudés l’un à l’autre, se livraient à une danse effrénée. La délivrance était proche. Soudain un cri retentit. Dans un ultime effort, Etienne atteignit le point culminant du plaisir avant de s’affaisser comme une bête blessée.
Quand ils eurent tous trois repris leur souffle : 


- Eh bien ! s’exclama Danielle, tu tiens la forme.
- Vous avez tout fait pour m’exciter.
- Nous ? répondirent-elles ensemble d’un air étonné.
- Mais, dites-moi, je croyais que vous n’aimiez pas les hommes.
- On peut se permettre un extra de temps en temps. Isabelle est plus exclusive. Je lui conseille parfois d’essayer, mais l’occasion ne s’est jamais présentée.
- Ne penses-tu pas, Danielle, que notre ami a besoin de reprendre des forces ? Que diriez-vous de partager notre repas ? J’ai prévu une omelette.
- Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité.

Elles éclatèrent de rire.

- Abuser ! Vraiment ! Au point où nous en sommes, dit Danielle ! La salle de bains est à côté. Je te laisse te rafraîchir.

Tandis que l’eau ruisselait sur sa peau, des pensées contradictoires assaillaient Etienne. Il était venu sans arrière-pensée et s’imaginait repartir aussitôt. Il devait convenir que ces deux diablesses s’y étaient prises habilement pour le retenir, d’abord par leur tenue affriolante, ensuite par le jeu de la séduction. Il était tombé dans le piège, mais ne le regrettait pas. N’était-il pas trop tard pour reculer ? Bah ! Après le souper, il les remercierait, prendrait congé et ne les reverrait sans doute jamais.
Lorsqu’Etienne redescendit au rez-de-chaussée, Isabelle et Danielle avaient dressé la table. L’omelette commençait à cuire sur le fourneau et une douce musique d’ambiance emplissait la pièce. Elles avaient troqué leur nuisette pour des robes légères à peine plus couvrantes. Isabelle avait abandonné les cuissardes pour une paire de bottillons blancs qui mettaient en valeur ses jambes interminables. Danielle avait chaussé des sandales à fines brides qui soulignaient les courbes sensuelles de ses pieds.
Alors qu’Isabelle s’activait à la cuisine, Danielle invita Etienne à prendre place à table.

- Je suis vraiment confus, commença-t-il.
- Tu regrettes ? répliqua Danielle.
- Non.
- Alors, il n’y a pas de souci. Nous avons pris notre pied, c’est l’essentiel.
- C’est la première fois que je me trouve dans cette situation, je veux dire avec deux femmes.
- Et ça t’a gêné ?
- Non, mais, pendant que nous étions occupés, peut-être Isabelle se sentait-elle mise à l’écart.
- Oui, peut-être. Si c’est le cas, il est toujours possible d’y remédier. N’est-ce pas Isabelle ?
- Euh ! Oui, nous verrons plus tard.

Etienne se sentit réduit à l’état d’homme objet et, en même temps, cette situation ne lui déplaisait pas. L’omelette fut servie, accompagnée de pommes de terre. Elle était savoureuse, parfumée de champignons et de gruyère. La teinte rubis d’un Côte du Rhône colorait les verres, annonciateur de nouvelles ivresses.
À la fin du repas, la conversation était détendue. Isabelle et Danielle s’informèrent sur les liens d’Etienne avec la région et la fréquence de ses séjours. Ils échangèrent aussi sur les pratiques sexuelles des uns et des autres. Comme Etienne semblait s’y intéresser :

- Tu veux voir comment deux filles s’aiment ? dit Danielle.
- Euh ! J’ai peur d’être indiscret.
- Il n’y a pas d’indiscrétion si c’est nous qui le proposons. Et puis, qui sait ? tu pourras peut-être en profiter.
- Eh bien ! si tout le monde est d’accord, allons-y, répondit Isabelle sans attendre l’acquiescement d’Etienne.

La montée de l’escalier fut une nouvelle source d’émotions pour Etienne. Elle lui offrait une vue imprenable sur leurs jambes et les ondulations de leur croupe. Arrivée dans la chambre, Danielle invita Etienne à se mettre à l’aise et à prendre place sur une chaise. Les deux tourterelles se déshabillèrent et apparurent dans la splendeur de leur nudité.

- Baisse ton pantalon, dit Danielle, tu seras plus à l’aise.
- Mais…
- Si, si, j’insiste, ça fait partie du jeu.

Etienne se cala sur son siège. Avant qu’il ait eu le temps de réagir, des menottes enserrèrent ses poignets, reliées aux barreaux de la chaise.

- Que faites-vous ? dit-il interloqué.
- C’est pour t’éviter de te toucher.

Tout cela ressemblait à un scénario bien réglé. Etienne se demanda si elles avaient l’habitude de faire entrer des inconnus chez elles pour s’adonner à des jeux érotiques. Il voulut protester, mais ce fut peine perdue. Les deux gouines se précipitèrent sur le lit et commencèrent à se caresser. La vue de ces deux corps enchevêtrés troublait Etienne. Pourtant il s’efforçait de rester indifférent, dans l’attitude d’un observateur prié d’assister à une expérience anthropologique. Quand elles entamèrent un 69 très sensuel, il comprit qu’il ne pourrait pas tenir longtemps cette résolution. Les deux amies étaient tête-bêche et se lapaient goulûment le sexe. Etienne sentit monter en lui la manifestation incontrôlable de son désir. Au bout de quelques minutes, sa verge s’échappa de son slip. Soudain Isabelle se releva et s’empara d’un gode-ceinture qui traînait sur la commode. Elle se le mit autour de la taille et ainsi harnachée, elle regagna le lit. Etienne fut saisi d’un nouveau trouble qui renforça son érection. Danielle, couchée sur le dos et cuisses écartées, était prête à subir les assauts de sa partenaire. L’olisbos disparut dans les profondeurs de cette chair offerte. Le mouvement de va et vient qui suivit fit se tordre Danielle sur sa couche, sans espoir d’échapper à cette étreinte. Isabelle aussi semblait y trouver du plaisir, d’une autre nature, celle de la possession. Elle poursuivit calmement le rythme jusqu’à ce que l’orgasme de Danielle explose.
Rivé à sa chaise, Etienne n’en pouvait plus. Son sexe était on ne peut plus raide. Incapable de se satisfaire, il comprenait l’idée diabolique de lui attacher les poignets. Lorsqu’Isabelle se redressa, il fut d’abord effrayé à la vue de l’olisbos, d’une dimension impressionnante. Il redouta le pire, imaginant quel scénario pouvait encore germer dans le cerveau de ces deux femelles insatiables. D’autant qu’elles s’étaient maintenant approchées toutes deux de lui, l’air triomphant.

- Alors, ça te fait de l’effet, on dirait.
- Oui, il est mûr pour l’étape suivante. Tout à l’heure tu m’as fait l’amour. Je crois qu’Isabelle y a droit à son tour.

Etienne n’y était pas opposé, mais il était abasourdi par le procédé.

- Viens, je vais te soulager.
- Bien sûr, on ne va pas te laisser repartir comme ça.

Isabelle enleva son gode-ceinture et regagna le lit, pendant que Danielle déverrouillait les menottes. Puis, elle lui saisit la verge et, comme un taureau qu’on mène à la saillie, elle le dirigea vers la croupe rebondie d’Isabelle, qui attendait en position de levrette. Cette vue redoubla son ardeur. Oubliant toute convenance, il s’introduisit en elle avec force. Isabelle cambra les reins pour mieux l’accueillir. Contre toute attente, elle aussi y prenait plaisir. Etienne qui avait déjà assuré avec Danielle, fut plus lent à jouir, ce qui permit à sa monture d’accéder progressivement à la jouissance. Danielle les encourageait tous deux par des caresses. Quand vint l’extase, ils s’écroulèrent tous les trois dans un méli-mélo de bras et de jambes. Peu après, Etienne s’endormit, épuisé.
Au milieu de la nuit – était-il minuit, une heure ou deux heures ? – Etienne se réveilla. Remontant lentement à la surface de sa conscience, il s’aperçut qu’il était étroitement enlacé par deux corps chauds. Il réalisa qu’il était entre Danielle et Isabelle. La largeur du lit autorisait la présence simultanée de trois personnes, mais ne laissait pas beaucoup d’espace entre elles. Il se mit à gamberger sur ces étranges créatures qui accueillaient ainsi un homme dans leur lit, alors qu’elles étaient censées s’intéresser exclusivement aux femmes. Résolu à approfondir la question plus tard, il se rendormit.

Au petit matin, Danielle s’éveilla la première. Tournée vers Etienne, elle commença à lui caresser la poitrine, ce qui lui procura de délicieux frissons. Laissant courir ses doigts sur ses hanches, puis sur son ventre, elle atteignit bien vite son pubis et déclencha ainsi un début d’érection. Etienne, encore à moitié endormi, était sans défense face à cet assaut de caresses. D’instinct, il se rapprocha d’elle. Le contact de sa peau avec celle de Danielle l’électrisa. Lorsqu’elle lui effleura la verge, il sut qu’il ne résisterait pas longtemps à cette emprise. Il se mit à lui caresser la vulve, ce qui provoqua aussitôt chez Danielle des mouvements convulsifs. Comme une chienne en chaleur, elle en voulait. Elle s’agrippa des deux mains au corps d’Etienne, l’une posée sur sa nuque, l’autre autour de sa taille. Tout à coup, folle d’impatience, elle se souleva pour le chevaucher. Ses cuisses entourèrent fermement le bassin d’Etienne pendant que son sexe engloutissait le membre rigide. Tantôt elle ralentissait sa possession pour mieux le sentir en elle, tantôt elle accélérait le rythme, incapable de le contrôler.
Tout ce tohu-bohu avait réveillé Isabelle, qui assista médusée aux mouvements désordonnés du couple, surtout ceux de son amie, car le pauvre Etienne n’avait d’autre choix que de se soumettre aux exigences de sa maîtresse. Elle n’aurait de cesse de l’avoir vidé de sa substance après lui avoir fait connaître l’extase. Etienne, tout en subissant ses assauts, lui embrassait les seins gorgés de volupté. Soudain, il se tendit et lui donna ce qu’elle réclamait. Au comble de l’excitation, il explosa en elle, au plus profond de son intimité.
Isabelle était partagée entre la contemplation et l’étonnement, peut-être aussi mêlé d’un zeste de jalousie.

- Eh bien, dis donc! Je te savais assoiffée de sexe, mais de là à te taper un homme. 

Quel était le sous-entendu de cette réflexion ? Voulait-elle à son tour connaître l’ivresse de la pénétration ? Ou bien était-elle révoltée de voir qu’un autre – un homme – pouvait donner du plaisir à son amie ? Dans un premier temps, cette dernière exigence l’emporta.
Isabelle bondit hors du lit, s’équipa du gode-ceinture et s’avança menaçante, un fouet à la main. S’adressant à Etienne :

- Toi, tu ne perds rien pour attendre. Va t’asseoir et ne bouge pas d’ici ou il t’en cuira.

Danielle s’était mise en position, offrant ses rotondités aux lanières du fouet vengeur. Isabelle frappa, obligeant sa victime à compter les coups. D’abord sonore – un, deux, trois – sa voix se mua en une plainte qui ressemblait plus à un appel de la chair.
Etienne, terrifié par ce spectacle, était incapable de réagir. N’aurait-il pas dû se rhabiller en hâte et fuir cette demeure ordinaire où deux excitées se livraient à une orgie en règle ? Mais il ne le pouvait, rivé à sa chaise plus sûrement que par des menottes. Après le vingtième coup, Isabelle jeta son fouet et embrocha Danielle sans ménagement. Celle-ci se remit à gémir, de plaisir plus que de douleur. Une nouvelle sarabande débuta aussitôt, dont Isabelle imposait le rythme.

- Je vais t’apprendre à jouir avec un homme. Tiens, prends ça !

Elle s’enfonçait toujours plus avant dans le sexe ruisselant de cyprine de Danielle. Elle y prenait un plaisir sadique, comme pour lui signifier qu’elle seule avait le droit de la faire jouir. Haletante, Danielle connut un nouvel orgasme, immense comme un torrent qui se déverse après l’orage.
Puis Isabelle abandonna sa proie et, se tournant vers Etienne :

- Alors, tu bandes, mon salaud ! Qui t’y autorise ? Debout, face au mur et les mains sur la tête ! Il est temps pour toi de recevoir ta punition.

Elle enfila ses cuissardes et, ramassant le fouet, elle commença avec calme et détermination à lui cingler les fesses. Etienne hurlait comme un gamin pris en faute, mais il ne faisait rien pour échapper aux coups. Il en reçut autant que Danielle, tous bien appliqués et sonores, jusqu’à ce que son derrière en porte les marques rougeâtres.
Quand elle eut fini, Etienne avait une érection telle qu’il n’osait pas lui faire face. Elle le saisit par l’épaule pour l’obliger à se retourner :

- Eh bien ! Je vois le résultat. Écarte les jambes !

Etienne obéissait comme un automate. Soulevant sa jambe gainée de cuir, Isabelle se mit à lui tâter les bourses avec la pointe de sa botte. Puis elle le fit asseoir, défit sa ceinture et s’empala à son tour sur le membre raide. Leur plaisir à tous deux, lent à venir, n’en fut que plus intense. Dressée face à lui, elle le dépassait d’une demi-tête, se hissant et s’abaissant en cadence. Elle s’amusait de le tenir en son pouvoir, comme auparavant avec Danielle. La position dominante était sa manière à elle de prendre du plaisir. Etienne se laissait posséder, s’autorisant quelques caresses sur les hanches et les cuisses qui le maintenaient solidement sur son siège. Pourtant, à la fin, Danielle perdit le contrôle de la situation et se lâcha en même temps qu’Etienne se libérait en elle. Épuisés, ils demeurèrent soudés l’un à l’autre, tandis que Danielle émergeait lentement de la torpeur où l’avait plongée son double orgasme matinal.

Lorsque je pris congé de mes deux séductrices, je crus avoir vécu un rêve. Après nos exploits érotiques, elles m’avaient offert le petit-déjeuner en bonnes hôtesses bien éduquées.

- Cher Monsieur, j’espère que vous reviendrez nous voir ; vous n’avez plus la clé, mais un prétexte n’est plus nécessaire.
- Chères amies, je ne sais comment vous remercier de votre hospitalité. Vous m’aviez parlé d’une punition. Je ne l’imaginais pas de cette nature. J’ai été gâté.
- Hé ! Nous connaissons les bonnes manières. Revenez-nous ! On se fait la bise…

Leurs lèvres sensuelles effleurèrent ensemble mes joues encore toutes émoustillées.
En franchissant le portail, je vis que l’enseigne avait changé. « La Treille » était devenue « Les Elfes ».

***

Mille mercis à Jacques Goyens pour cette première nouvelle publiée sur Nouvelles Erotiques.

Si vous aimez les scènes à 3, je vous invite à en regarder de très belles (3 femmes, 2 hommes 1 femme ou bien 2 femmes 1 homme) sur X-art.