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Les auteurs érotiques sont-ils des obsédés sexuels ? (4ème partie)

Les auteurs érotiques sont-ils des obsédés sexuels ? (4ème partie)

Publiée le 27 mai 2013  

GILLES MILO-VACERI

Présentez-vous

Avec une vie remplie de voyages, de rêves, d’expériences parfois malheureuses, souvent extraordinaires mais toujours enrichissantes, je ne pouvais qu’écrire, un jour ou l’autre ! J’ai lu très tôt, dévoré tout ce qui pouvait me tomber sous la main et l’écriture s’est vite imposée.

Si l’érotisme tient une part prépondérante dans ma production, je n’écris pas uniquement sur ce thème. J’aime faire rêver mon lecteur, que ce soit dans un thriller fantastique, un polar ou une nouvelle érotique. Je n’ai pas de pseudo spécifique à l’érotisme et refuse de me cacher. je signe mes romans comme mes nouvelles érotiques, sous un seul nom. Le sexe n’est pas sale, après, on assume ses écrits ou pas, chacun fait comme il sent.

Comment l’inspiration vous vient-elle? Comment travaillez-vous?

J’ai participé pas mal de fois à des concours de nouvelles, sauf en érotisme. Il m’est aussi arrivé de répondre à des appels à texte, mais le plus souvent, j’écris spontanément, selon mon envie et l’histoire se construit déjà dans ma tête avant de naître sur l’écran.

Mon premier vrai recueil érotique fut Désirs si chair, un recueil qui n’a jamais vu le jour, mais dont les nouvelles ont retenu l’attention de deux maisons, les Éditions D. Leroy dans la collection E-ros, dirigée par Chocolat Cannelle et Harlequin-HQN, la nouvelle plate-forme numérique de ce groupe.

Je voulais rédiger un recueil original et j’ai mêlé toutes – ou presque ! – les différentes pratiques sexuelles (hétéro, homo, bi, fétichisme, domination, etc.) dans des nouvelles historiques, de l’antiquité à notre époque contemporaine.

Mes sources d’inspiration sont aléatoires et le plus souvent, celles que je préfère, rejoignent l’histoire et un passé plus ou moins lointain. Car il ne faut pas se méprendre, dans l’Antiquité, à la cour des rois ou sous Napoléon, le sexe existait ! rires...

J’aime greffer mes narrations sexuelles à une fiction qui tient la route, en rebondissant sur des épisodes réels de l’histoire. Cela aurait pu se passer ainsi et comme personne ne pourra me contredire, je me fais plaisir !

J’ai écrit une nouvelle, À la maison close, qui se déroule sous l’Empire et je viens d’en achever la suite, qui sera publiée ultérieurement chez Harlequin-HQN. Dans celle-ci, on y croise Savary et Fouché, les deux ennemis mortels en matière de police secrète sous Napoléon, mais aussi l’affaire Cadoudal... Je reste persuadé que cela donne une autre dimension aux épisodes croustillants qui demeurent l’essentiel de la fiction, mes personnages imaginaires croisant le fer... ou autre chose... avec des personnages ayant existé.

Enfin, en matière d’érotisme pur, mon inspiration provient nécessairement de deux sources fondamentales, propres à chacun : les expériences personnelles et les fantasmes. Ensuite, dire laquelle prend le pas sur l’autre chez moi, cela reste la question mystère ! (rires)

De quel texte êtes-vous le plus fier?

C’est peut-être idiot, mais je ne pourrai pas vraiment trancher entre l’une ou l’autre de mes nouvelles érotiques.

Pour donner deux ou trois exemples, ma toute dernière nouvelle éditée par Harlequin-HQN  et intitulée Marie-Gabrielle, est une de mes préférées. L’histoire se déroule pendant la Première guerre mondiale, une veuve rencontre un jeune homme qui n’a pas encore été appelé sous les drapeaux. Il n’y a pas que le sexe mais aussi une belle histoire sentimentale sur fond de guerre. (J’assume tout aussi bien mon côté fleur bleue...)

Les Éditions D. Leroy publieront un petit recueil de nouvelles érotiques, en septembre qui s’intitulera Destins de femme. Les trois nouvelles s’inscrivent dans l’histoire et j’ai une nette préférence pour Édith, une prostituée recrutée par la résistance, en 1943, devant investir une soirée de l’État-major allemand pour subtiliser des documents secrets. En attendant la rentrée, chez eux et toujours dans la collection E-ros, ils viennent de publier L’anniversaire – Jeux libertins que j’aime beaucoup. J’ai aussi participé à un recueil sur la fessée à paraître en août.

Enfin, pour s’y retrouver, le plus simple est encore d’aller faire un tour sur mon blog où toutes mes publications, érotiques ou non, sont précisées avec les liens nécessaires, certaines nouvelles bénéficiant d’extraits accessibles gratuitement.

Confiez-nous une anecdote liée à votre statut d'auteur érotique.

Comme je ne me cache pas, les anecdotes sont nombreuses et reviennent assez souvent sur le même sujet. Mes lecteurs me demandent si j’ai vécu telle ou telle chose, pratiqué cette déviance, utilisé tel accessoire, etc. Je reste toujours volontairement imprécis dans mes réponses. J’entretiens le mystère ! rires...

Par contre, quand je reçois des commentaires de lecture plus personnels, ou quand un lecteur – homme ou femme, d’ailleurs – m’explique à mots plus ou moins couverts, que ma nouvelle a eu des répercussions directes sur son état personnel, je suis ravi. J’ai atteint mon but !

Sinon, cela n’a rien changé à ma sexualité ni provoqué de rencontres particulières. J’échange beaucoup avec mes lecteurs, mais cela ne va jamais au-delà de la messagerie.

Ma plus belle anecdote touche mon cœur de père. Il y a peu de temps, ma fille aînée, Mélanie, 24 ans, m’a dit aimer l’érotisme et qu’elle était très fière de mes écrits. Ce fut certainement mon plus beau cadeau et la plus belle des reconnaissances.

Un auteur de littérature érotique est-il forcément un obsédé sexuel?

Grande question et je vais peut-être choquer mais... Si on n’aime pas le sexe, comment peut-on en parler ou mieux, écrire des histoires ?!

Non, il n’y a pas d’obsession dans l’écriture érotique, du moins, connue ou avérée. J’ai lu parmi vos excellentes interviewes, des auteurs expliquant qu’il n’est pas nécessaire d’être flic ou truand pour écrire un bon polar. Quelque part, c’est vrai !

Maintenant, l’érotisme touche à l’intimité, au personnel le plus caché et le plus secret. Difficile de trouver des sources, de l’information si l’on n’a jamais essayé telle ou telle pratique et cela devient mission impossible d’en faire une histoire crédible.

Je prends souvent l’exemple du désert. Si quelqu’un vient m’en parler, il me suffit de quelques questions pour savoir si la personne a réellement mis les pieds, au moins une fois dans sa vie, sur une dune... L’expérience ne peut se simuler et encore moins s’imaginer, à moins, bien entendu, de rencontrer un mythomane très doué.

Par conséquent, les qualités requises pour un auteur érotique demeurent essentiellement la tolérance, l’ouverture d’esprit, l’expérience personnelle nécessairement libérée et vierge de tabous ainsi qu’un vivier toujours renouvelé de fantasmes, pour exciter l’imaginaire de ses lecteurs. Mais certainement pas l’obsession !

C’est pourquoi je n’écrirai jamais de nouvelles sur des délires uro ou scato et compagnie... Je comprends que cela plaise, je ne juge pas, je ne hurle pas avec le troupeau qui jette l’anathème mais n’y voyant aucune attraction personnelle et encore moins d’excitation, je suis incapable d’écrire une histoire crédible qu’un éditeur accepterait de publier.

Obsédé sexuel, non bien sûr... Mais libéré et sans tabous, oh que oui !

Où peut-on vous retrouver ?

Mais dans toutes les bonnes librairies mondiales, bien sûr ! (Éclats de rire)

Plus sérieusement, j’ai compris très vite le rôle de la communication dans l’écriture en général et pour la promotion d’un livre en particulier.

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    ISABELLE LOREDAN

     Présentez-vous

     Isabelle Lorédan. Depuis la plus tendre enfance, je voue une véritable passion à la lecture.
     Tout y passe, les classiques, les documentaires, la poésie et bien sûr, l'érotisme.
     J'ai toujours aimé écrire, mais ce n'est qu'il y a une petite dizaine d'années que je me suis vraiment autorisée à       le faire en toute liberté, sans peur d'être jugée. De l'érotisme bien sûr, mais pas seulement. J'ai aujourd'hui      dix textes de publiés chez divers éditeurs.

Comment l’inspiration vous vient-elle? Comment travaillez-vous?

C'est variable. Cela peut venir d'une lecture, de la rencontre avec quelqu'un, d'un rêve, d'une simple impression. Contrairement à certains de mes confrères, je n'ai aucun goût pour la contrainte qui a, en général, tendance à rendre ma plume stérile. Je ne choisis pas les sujets que je traite, ce sont eux qui me choisissent... Une fois à mon clavier (hé oui, je ne sais pas écrire avec un stylo!), je suis en mode d'écriture automatique, je ne sais plus m'arrêter. En général, cela se fait dans l'urgence, un peu comme un accouchement ! Ensuite je relis, corrige les fautes courantes. Je retouche très rarement la structure en elle-même. 

De quel texte êtes-vous la plus fière?

Sans hésitation ma toute première publication en solo, Un, deux, trois... Nous irons en croix , paru en 2011 aux éditions Dominique Leroy, pour la raison que j'indique. Passer du livre collectif (fut-il papier) à un livre en solo, même numérique, c'est quelque chose de très important. Depuis, il y en a eu un second, toujours chez Dominique Leroy : Que la chair exulte ! 

Confiez-nous une anecdote liée à votre statut d'auteur érotique.

Ce qu'il y a de plus courant, c'est le lecteur que l'on croise et qui veut à toute force faire avouer que ce que l'on écrit correspond à une réalité de notre vie. Un auteur érotique a une vie sexuelle bien évidemment, mais pas non plus forcément plus débridée que la moyenne, nous vivons dans les maisons qui ne sont pas des lupanars et élevons nos enfants comme tout le monde. Sourire.

Un auteur de littérature érotique est-il forcément un obsédé sexuel?

On peut aimer le sexe sans forcément tomber dans l'obsession, sourire. Parce que le sexe, c'est la vie et que ma foi... oui, j'aime la vie !

Où peut-on vous retrouver ?

Sur mon blog d'auteur
- Sur Facebook
- Sur Twitter

     MISSKAT

     Présentez-vous

     Miss Kat,  complètement  trentenaire,  pas sortie  de l’imaginaire, trop longtemps velléitaire, donc pas du tout        milliardaire.
     Mais c’est pas grave !

     Comment l’inspiration vous vient-elle? Comment travaillez-vous?

      Du monde et surtout des gens qui m’entourent.
     Ça m’amuse d'imaginer des proches ou des inconnus croises dans la rue, dans toutes sortes de situations        rocambolesques et plus coquines les unes que les autres 
    Je m’amuse tellement lorsque j’ écris que je ne considère pas encore l'écriture comme un travail. C'est un tort de grande petite fille... 

De quel texte êtes-vous la plus fière?

Sans hésiter, Elle, qui va paraître en juillet prochain dans le recueil Osez 20 histoires de sexe entre filles. Mon texte le plus personnel et de mon point de vue, le plus joli....

Confiez-nous une anecdote liée à votre statut d'auteur érotique.

Je dois mon 1er "moment de gloire" à ma consœur Clarissa Rivière, qui, lors d’une soirée à la Musardine, m'a reconnue (mon visage était visible sur mon Facebook à ce moment-là) et abordée d'un "vous ne seriez pas Miss Kat ?" Qui m’a rendue très fière.

Un auteur de littérature érotique est-il forcément un obsédé sexuel?

Obsédée par le sujet, oui au moins un peu, puisque le sexe est  son fonds de commerce : donc je dirai plutôt, fortement intéressée, à l'affut de tout ce qui s’y rapporte.

Où peut-on vous retrouver ?

- Sur mon site
- Sur Twitter : @MissKat_auteur
- Sur Facebook : MissKat_auteur

     KITTY BRAEM

     Présentez-vous

     Je suis Kitty Braem, auteure de Sexy Tv et de plusieurs autres petits bouquins moins coquins dont je ne peux          parler ici. 

     Comment l’inspiration vous vient-elle? Comment travaillez-vous?

     L'inspiration vient seule. Une idée, un mot, un truc, un machin et zou !
     Les histoires naissent...
     Enfin c'est toujours un peu hasardeux au début mais après ça va tout seul.  

De quel texte êtes-vous la plus fière?

Sexy Tv est sans doute une de mes plus grandes fiertés. Ce petit bouquin m'a réconciliée avec la littérature érotique et j'envisage très sérieusement de m'y remettre. J'aime bien mettre en scène des situations très caliente, j'aime les personnages hauts en couleur et le sexe vrai, sans fioritures ni faux-semblants.

Confiez-nous une anecdote liée à votre statut d'auteur érotique.

Hum... Je dirais que je n'oublierais pas la fois où un "ami" m'a gentiment fait remarquer que j'étais coincée. Je me suis approchée de lui et je lui ai cité à l'oreille un passage de mon livre. Il est passé de l'écarlate au vert pâle en une fraction de secondes et je n'ai pas arrangé son état en lui faisant un clin d'œil plus qu'appuyé... Juste pour le fun bien sûr. Mon statut d'auteur érotique me donne l'impression d'être plus sexy, plus en harmonie avec ma libido. Avant je n'osais pas me lâcher, j'avais peur d'aller trop loin, de faire la chose à ne pas faire, de dire la chose à ne pas dire. Aujourd'hui je me dis que eh flûte on n'a qu'une vie.  Et puis professionnellement parlant ça m'a ouvert des portes. J'ignorais qu'autant de gens cherchaient des auteurs érotiques.

Un auteur de littérature érotique est-il forcément un obsédé sexuel?

Je ne dirais pas "obsédé sexuel". Par contre ça libère et ça révèle des fantasmes inavoués, ça c'est clair.

Où peut-on vous retrouver ?

Nulle part. Kitty Braem n'existe pas. C'est cette partie de moi un peu coquine, cette vilaine fille qui aime faire de vilaines choses. C'est un peu schizophrénique j'en conviens... Mais j'adore. 

Note d'Irina : vous retrouverez régulièrement Kitty sur Nouvelles Erotiques !

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