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La flèche wallonne

La flèche wallonne

Publiée le 18 janvier 2019  

    Je me gare contre le trottoir, lève le frein à main et me tourne vers Laurine. Elle glisse sans un mot sa main sur la couture de mon entrejambe, et commence à dégrafer les boutons de mon jean, extirpe ma queue de son logement de toile et coton. Je rabaisse un sourire muet (ainsi que le levier), enclenche une vitesse et braque le volant. Sa main doucement étire mon frein tandis que je roule dans un Tournai plus tout à fait matinal. Comme il est excitant de croiser la valse des passants, surprendre un regard promeneur tout en sachant sa main qui m’enserre. C’est la première fois que je conduis en ville le sexe à l’air, et je dois avouer que la traversée revêt un côté grisant. Mon érection se gonfle entre ses doigts, fermeté mâtinée de sa main. Elle me confie : « c’est excitant de te caresser en voiture, en pleine ville ». J’imprime un rictus.
    Nous filons à travers le dédale des rues, stoppons aux feux quand ceux-ci braquent leur œil rouge. Et quand, moteur à l’arrêt, je prends en filature la marche balancée d’une femme en robe légère, pendant que ma queue coulisse entre des doigts experts... mmmm. Nous passons par-dessus l’Escaut et prenons vers l’est. Je suis les indications de Laurine, ne sais où elle m’emmène. Nous traversons un carrefour, passons devant un panneau « 80 Bruxelles » puis continuons sur la N7. Elle me fait prendre à droite la rue des Bastions, commente : « ça devrait être plus sympa par-là ». Nous sortons enfin de l’agglomération et ralentissons à l’embranchement d’une fourche ; nous bifurquons à droite. La route d’un seul coup se rétrécit, sur l’un de ses bas-côtés se pare d’une haie d’herbe voletante. Nous roulons à présent sur une route étroite de campagne. J’aperçois du coin de l’œil sa tête qui s’abaisse, et se loge entre mon corps assis et le volant.
    Hum, c’est... !! Sensation de chaleur, douceur salivée, mon membre confisqué entre ses lèvres. Oui, cette escapade appelait le couronnement de sa bouche. Nous en avions parlé, et l’idée lui plaisait. Et quand ce matin, prétextant de devoir libérer le studio à dix heures tapantes, elle a suggéré une balade champêtre en voiture, j’ai sitôt pensé à notre conversation.
    Comme il est exquis d’être sucé tout en conduisant, le pied levé de l’accélérateur, un bras tenu à hauteur du volant, les yeux rivés sur un horizon pastoral, délaissant la route pour le balancier de sa tête. Je parcours la campagne, avale le macadam sans itinéraire en tête, focalisé sur l’audience ouverte de sa bouche. C’est une vraie sensation de liberté... un road movie dans un Hainaut sauvage, Easy Rider, les Harley et les redneck en moins... Born to be wild de Steppenwolf, une Amérique profonde et conservatrice, refusant la marche des années soixante. Je me laisse conduire cheveux au vent (euh...) sur un deux cylindres en V, de l’autre côté de l’Atlantique. Bon, j’en fais peut-être un peu beaucoup, mais il n’en demeure pas moins que le moment est bucolique et jouisseur. La campagne tout autour se prête à l’instant, le Hainaut me semble magnifique, un tableau de maître, aux tonalités impressionnistes.
    Après avoir triomphé d’un nouveau virage, je ralentis derrière la queue d’un peloton zigzagant. Devant moi, une procession de cyclistes abrase ses chambres à air sur la piste rurale. Aïe, ils sont en nombre, et comme de juste, la route à cet endroit serpente et tourne bien plus qu’elle ne le devrait. Je double les premiers retardataires, marque un espace avec les vélos. J’entrevois les têtes qui se tournent sur mon passage, mon allure prudente leur donnant tout le temps de lancer un œil à l’intérieur. Oui, la chevelure blonde de Laurine est coiffée sur mon bas-ventre, et son spectacle semble ravir certains des coureurs.
    – Il y a plein de cyclistes ; et tu en as une bonne partie qui te mate.
    Elle remonte son chef et délivre sa bouche : « grand bien leur fasse », me reloge sitôt entre ses lèvres. Je joue avec les Froome, Contador, Indurain locaux, remonte leur file en enchaînant les lacets serrés. J’ai l’impression de concourir une étape de la Flèche wallonne, la soixante-dix-huitième du nom, dans une voiture accompagnatrice, les coureurs attendant leurs consignes en jetant tour à tour un regard par la vitre grande ouverte. Je fixe mon attention sur le ruban pavé, ses lacs serpentant, le cordeau étiré des vélos. L’exercice réclame un peu de métier car la largeur de l’asphalte n’autorise qu’un passage chiche. Je n’ai pas le temps de regarder en bas, mais mes autres sens mmm... la geôle de sa bouche, ses lèvres s’arrogeant ma queue, sans prêter la moindre attention au monde extérieur. Je double enfin le dernier, plutôt le premier des coureurs, et me réapproprie la route. Laurine relève sa tête, un léger frisson d’aile dépitée, de plus amples battements amusée.
    – Eh bien mon cœur !!!! C’est comme avec la lecture... tu es trop concentré.
    Enfer et damnation, me voilà revenu en arrière, des mois en arrière, assis comme aujourd’hui, une lecture dans le décor confiné d’une chambre. À force de concentration pour éviter le bal des cyclistes et suivre les méandres de la route, mon sexe s’est recroquevillé dans sa coquille. Tout avait pourtant si bien commencé : une belle journée ensoleillée, le charme piaillant et gazouillant de la campagne, sa main accolée sous le volant, son hospitalité buccale. Grrrrr !! Je ressens une hostilité soudaine, un sentiment revanchard envers tous les rouleurs bardés de cuissards, casques et maillots à pois. Promis, c’est juré !! Au prochain tour de France, je n’allume pas ma télé, même pour suivre les étapes de montagne. Pourtant... je connais un peloton d’amis, courant sous des couleurs stéphanoises, qui sont devenus des spécialistes émérites du col de la Croix Morand, une montée développant ses 511 mètres de dénivelé dans le Massif central. Je me dois de saluer et respecter leurs exploits de grimpeurs, et pour cette raison ne peux raisonnablement tourner le dos au monde de la petite reine.
    Je regarde Laurine en fonçant les yeux.
    – Là, je crois que c’est foutu.
    Elle me rétorque sa main chapeautée sur mon sexe :
    – Bah oui, je vois ça.
    Devant mon regard de Pompon implorant – vous savez, le lapin nain (et un peu psychopathe) dans Comme des bêtes – elle renchérit :
    » On peut s’arrêter dans un chemin, tu n’auras pas à te concentrer comme ça.
    J’incline solennellement la tête, claironne un : « c’est parti !! ».
    Et nous voilà tous deux embarqués dans une folle équipée. Je tourne, sinue, accélère, pousse mes chevaux devant les jardins, bâtisses, terrains et champs... pas le plus petit chemin exploitable. Je passe devant une vieille demeure aux murs fendillés et bardés de lierre. La voix de Laurine s’écrie :
    « Invendable celle-là aussi !! »
    Même si nous n’allons pas vers le nord, elle ne perd nullement sa direction, son œil immanquablement attiré par les maisons croisées ; mais je ne relève qu’un silence, en pleine reconnaissance.


Recherche chemin désespérément...


    Je m’arrête devant une petite laie de terre, recule doucement pour m’y engager.
    – Non, il y a trop de maisons autour. Tu ne connais pas les gens du coin, s’ils nous voient nous engager...
    Enfer et châtiment, ce n’est encore pas pour cette fois. Je chauffe sous mes roues le bitume et pars en quête d’un nouvel eldorado de terre. Les minutes filent avec les kilomètres, sans le début, le raccourci d’un sentier. Les effluves d'oxydes d'azote et les particules fines se répandent inutilement derrière mon train. Nous arrivons enfin à une petite intersection. Une route, sans finalité apparente – de la largeur d’un véhicule – grimpe avant de disparaître sur sa droite. Je regarde Laurine, elle me fait un signe de la tête... Go !! 
    J’emprunte la petite route jusqu’à une aire dégagée arrondissant le dos. Sur l’autre versant, le ruban s’éloigne en direction d’une ferme que l’on aperçoit environ quatre cents mètres en contrebas, dans la cuvette d’un cul-de-sac. Je m’écarte de la route et m’arrête sur l’esplanade herbeuse. Nous sommes cette fois seuls, pas la tabatière d’une habitation alentour, si ce n’est le corps de ferme, suffisamment éloigné pour décourager tout voyeurisme. Laurine, une fois mon frein à main levé, prospecte à 180° tout en faisant glisser mon jean sur le haut de mes cuisses.
    – Qu’est-ce que tu en dis ??
    Elle ronronne un petit « mouiii » et entraîne ses lèvres sur mon sexe. Les vibrations de la route, du moteur ne sont plus. Son cérémonial gourmand, sa bouche m’ensorcelle, bien décidée cette fois à me faire jouir. Ma voiture stationnée en plein soleil, la chaleur dans l’habitacle fait grimper le mercure. J'ouvre grand ma porte conducteur, pendant que son visage sous mon nombril s’affaire. Mon érection, victime des cyclistes et serpents de la route, se fait d’un ou deux vaillants centimètres désirer. Je regarde tout autour, observe de mon siège, de mon promontoire la campagne, les champs qui s’étendent et forment une mosaïque bigarrée. Magritte, dans sa trahison des images, écrivait sous sa représentation : « Ceci n’est pas une pipe ». Hum, celle-ci en est bien une, pas une simple figuration... une ode campagnarde, un récit sans voix, seulement troublé par le chant des oiseaux. 
    Elle rançonne mon sexe, encouragée par la tutelle de mes phalanges. Ça y est, ma queue défend enfin sa tour, et ses reflets rubiconds. Elle suspend ses lèvres, tandis que ma main courtise le creux de sa colonne. Sa petite culotte ressort joliment, son élastique remontant sous la ceinture de son jean. J’immisce mes doigts sous son fin tissu, caresse la pulpe confinée de ses fesses, pousse mon majeur dans le sillon de sa raie. Je sens sa bouche qui resserre son étau, Laurine bâillonne un geignement, sa gorge visée sur ma queue. Je me plais à cadencer doucement sa tête, ma main opposée gardée dans sa culotte. J’aime sentir en concurrence son tracé encaissé et l’exercice de sa bouche. Je sens gonfler, enfler mon ru. Ses cheveux délicatement empoignés, elle se laisse piloter, m’autorise à me perdre profond, me réceptionne en ravalant sa succion. Je renverse un râle, mon crâne sur l'appui-tête. Un spasme de jouissance... mes distractions routières envolées... me plaque contre le dossier. J’objecte une main tout en me reculant dans le fond du siège. Mon gland est si sensible que la simple collecte de sa langue éveille une torture. Comme souvent, le lendemain de nos mini et faux week-ends (généralement la journée du vendredi et la matinée qui suit), nous sommes l’un comme l’autre hypersensibles, nos muqueuses à vif. 
    Pourtant, et en dépit de cela... la friandise sucrée de cette fellation rurale. 
    Laurine s'adosse contre son siège, sans formuler un mot mais en me fixant déboutonne son pantalon et introduit sa main sous le rempart de sa petite lingerie ; ses pommettes légèrement embaumées me demande de prendre des photos. J’obtempère aussitôt, saisis mon APN sur la garniture intérieure de la porte et capture sa main entreprenante dans le viseur. Je presse le déclencheur, plusieurs fois à la suite, puis repose l’appareil dans le compartiment bas. La main de Laurine attrape la mienne et la mène sur son sein gauche. Sa gorge ploie sous son fin pull d’été marin. Je descends puis remonte mes doigts sous son chandail, déloge sa mamelle souple de son soutien-gorge ; tout en remontant les bandes marines commence à lécher son mamelon. Elle me commande de continuer pendant qu'elle se caresse. Je tète, aspire son tétin, fais courir ma langue sur le cercle de son aréole. J’entends soudain tonner sa voix : « une voiture !! ». Je me redresse et referme ma portière, esquisse un coup d’œil derrière moi. Un véhicule passe à cet instant sur la petite route, qui roule en direction de la ferme. Laurine se tourne vers moi, me souffle qu'ils seraient capables de revenir pour nous dire de faire nos saloperies ailleurs. Nous suivons la voiture, sa miniature qui se gare au loin, puis décidons de reprendre sans façon notre atelier découverte en voiture.
    Laurine descend son siège de deux crans ; je l’imite afin de me placer à sa hauteur. Elle se réapproprie ses caresses, rappelle sa main dans le nid de sa culotte. Je rattrape son sein en bouche, rapporte mes lèvres sur son mamelon turgide. Elle me murmure : « ça m’excite quand tu t’occupes de mon sein » ; une chose que je sais évidemment. Je mords son téton, le tenaille entre mes dents, aperçois sa main plus bas qui tend son dessous, assaille l’auvent de son clitoris. Elle m’enjoint de continuer, ses mots lâchés... gémit bientôt : « je vais jouir !! ». La boutonnière de son pantalon se prête grande ouverte, ses doigts s’emballent sur l’acmé de sa vulve. Sa paume ouverte, chapeautée sur mon crâne, elle solde sa tête sur l’appui-tête et exsude sa jouissance dans les fibres complices, mes quenottes resserrées sur son téton durci. Je désarme ma herse, engloutis sa terminaison. J’entends sa complainte, ressens la pesanteur de son corps sur le fauteuil en tissu synthétique. Je me décale et me laisse tomber sur le siège, étreins doucement sa menotte tout en fixant le plafonnier. Nous jouons les morts, nos deux pantalons ouverts – le sien plus que le mien – son sein à demi couvert, la chaleur intérieure drapée sur nos corps siamois. Le son lointain d’un moteur se rapproche ; une voiture, la même sûrement que tout à l’heure, revient dans l’autre sens. Nous remontons nos deux sièges en position droite et rabibochons nos lèvres à l’instant de son passage. Hum, il me semble que la voiture ralentit quelques secondes, avant de filer dans notre dos. Aurait-elle finalement raison, quant à la curiosité des gens du coin ??
    Un bourdon se cogne sans convictions contre le pare-brise intérieur, s'entête à vrombir dans l’habitacle confiné. Laurine le fait sortir avec un bout de carton, ne voulant pas lui faire de mal. Je le vois qui s’envole, regarde son corps boudiné dandiner dans l’air. La journée est splendide, la campagne tout autant, ma passagère plus encore. Je rattrape sa main et ouvre grand ma portière ; elle m’imite et pousse son battant. Un rayon de soleil fend la vitre, nous aveugle tous deux... 
    Le bourdon en profite, revient à l’attaque.

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Merci Christophe Lliann pour ce premier texte publié sur Nouvelles Erotiques. Nous avons hâte de découvrir vos autres oeuvres.

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