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Amour, délices et orgues

Amour, délices et orgues

Publiée le 20 décembre 2016  

- Tu l’as bien méritée ta volée, hurla Pierre Arlot, en secouant sa main rougie par la violence de ses torgnoles.

Sa face rubiconde, aux yeux exorbités par la rage, fixait son épouse Isabelle, une jeune femme de trente et un ans, de taille moyenne, au regard d’azur rempli de larmes. Sa poitrine aux seins pigeonnants et plantureux respirait avec peine. Sa longue chevelure, aux mèches d’ordinaire crantées et soigneusement entretenues, pendait lamentablement, cachant ses traits réguliers.

- Tu n’es qu’une connasse, une pute, une roulure, une merde vivante, reprit-il sur le même ton, en crachant force postillons. Tu ne penses qu’à forniquer avec le premier venu, tout ce qui porte un pantalon. Tu crois que je n’ai pas deviné ton petit jeu tout à l’heure au mastroquet quand tu dévisageais, béate, ce « monsieur Claude », un minable, un freluquet à frisettes qui vit encore chez sa « moman » à plus de quarante ans, ironisa-t-il.

Comme épuisé par cette tirade dont il était coutumier, Pierre gratta son maillot de corps piqueté de taches de vinasse et la quitta pour s’asseoir dans la cuisine sur un tabouret qui gémit sous son poids. Sa graisse brillait et luisait à chacun de ses gestes, sous le reflet du néon, qui le dominait, imperturbable.

- Au fait, lança-t-il, rends-toi utile, au lieu de rester  les bras ballants avec ton œil de hareng saur, -expression qui dénotait selon lui son esprit inventif-, sors et rapporte-moi fissa deux bouteilles de pinard, tu sais ce cru de Chalandon. Voilà vingt euros pour ta peine.

Isabelle s’exécuta mécaniquement, tel un zombie, habituée à subir depuis huit ans, les exactions d’un être pour lequel comptait uniquement la satisfaction de ses besoins primaires : la nourriture, l’alcool, le sommeil et le sexe, du moins dénommait-il ainsi les coups de boutoir de sa verge turgescente assenés avec impétuosité en fin de semaine, après ses virées avec son pote Polo, un pochard viré de l’armée pour intempérance et qui habitait à quelques encablures de là, dans un gourbi.  

Elle s’éclipsa dans la salle de bains, fit glisser une paire de bas sur ses jambes fuselés, enfila un épais manteau de loden sur sa robe de lin bleue, se chaussa de bottes, prit son sac à main, rangea à l’intérieur l’argent offert par son seigneur et maître et sortit affronter la froidure de l’automne.    

II

La jeune femme s’apprêtait à pénétrer dans la supérette de son quartier appartenant au groupe « Starply », avenue de Blois, à Gonesse, lorsqu’une voix joyeuse la tira de sa mélancolie :  
- Isabelle, quel plaisir de te revoir !


Elle se retourna et aperçut une jolie blonde avenante. Isabelle marqua un temps d’arrêt, puis la reconnut et un sourire éclaira ses traits tiraillés par plusieurs nuits d’insomnie et de peur :
 - Oh, Cécile, que fais-tu ici ? Je croyais que tu travaillais et habitais à Puteaux.


Elles s’embrassèrent et restèrent longtemps sans mot dire.

- C’est exact, répondit son amie, mais j’ai dû déménager. J’ai été nommée directrice adjointe d’une agence immobilière située à deux pas d’ici. Mon titre est ronflant, mais le salaire ne suit pas. Viens, décida-t-elle, en la prenant par le bras, nous allons papoter, voilà près de six ans que nous nous sommes vues !
- Tu as raison. Cela va me changer les idées, je ne peux te sacrifier que peu de temps. Je dois acheter des vivres et il est près de dix heures.  

Elles se dirigèrent vers un bar-tabac, « Le Marengo », qui ne payait pas de mine avec ses banquettes avachies et son odeur de cigare froid, mais son ambiance feutrée, baignée d’un profond silence, les séduisit dès le premier abord.

Un garçon aux tempes ornées de rouflaquettes grisonnantes surgit d’une porte dérobée et prit leur commande. Leur choix se porta sur un café qu’il leur servit illico presto.
Cécile attendit que dernier se fut éloigné et s’exclama en prenant délicatement ses paumes :     
- Pourquoi dissimules-tu le côté gauche de ton visage avec tes cheveux. Tes bleus sont visibles. Je n’ai pas osé aborder ce sujet devant le magasin tout à l’heure. Tu sais que tu peux te confier à moi. Nous ne nous quittions pas à la faculté de Nanterre, si tu te souviens, au point que d’aucuns nous avaient surnommées les « inséparables ».  

- Ce n’est rien, assura sa vis-à-vis sans conviction, alors que des larmes perlaient au bord de ses paupières, j’ai heurté un buffet de ma cuisine.

Cécile repoussa une mèche rebelle, but une gorgée de liquide et revint à la charge :
- Je te crois. Néanmoins, sache que je suis membre d’une association de femmes battues dénommée « Sortez de l’ombre ». Tu présentes tous les symptômes de la maltraitance : peur, travestissement de la vérité, etc.

Isabelle s’apprêtait à répéter son discours enfoui au tréfonds de son âme au fil des ans, quand elle décida de vider son sac. Elle en avait plus qu’assez de falsifier la réalité et de subir.

- Au début de notre union, mon mari, Pierre, semblait attentionné. Il lui arrivait même de m’offrir des fleurs ! Cette époque est bel et bien révolue. Il est vite devenu jaloux et possessif au point de contrôler mes absences, le moindre de mes gestes. J’ai dû renoncer à mes ami-e-s et me cantonner à l’entretien de l’appartement. De plus, il a perdu son emploi d’artisan-maçon voilà dix mois. Monsieur refuse de se salir les mains comme salarié, un statut qu’il trouve indigne de sa condition. Je suis maintenant sa « chose » sur laquelle il déverse quotidiennement sa rancœur et les coups. Pour le citer, je ne suis qu’une « roulure », entre autres sornettes.

Sa compagne esquissa un mouvement de répulsion et de révolte et lui déclara :
- Quitte-le, émit-elle. Je vais t’accompagner au siège de l’association. N’hésite pas à franchir le pas ! 

- Mais je ne peux pas partir comme ça. Je possède en tout et pour tout que mon passeport, ma carte d’identité, d’autres documents et une somme de vingt euros.
- Laisse-moi te guider. J’ai l’habitude de ce type de situation. Quant à l’argent, ne t’inquiète pas. Nous recevons en effet une subvention généreuse du conseil général, ainsi que des dons et legs. N’oublie pas que nous sommes les « inséparables », conclut-elle, souriante en réglant les consommations. Suis-moi. Je vais te présenter à mon équipe de « choc ».                         

III

Isabelle la suivit et monta dans son automobile, garée à deux pas, insensible à ce qui l’environnait. Après tout, qu’avait-elle à perdre ? Rien. D’autant que son ménage s’avérait inexistant et allait à vau-l’eau.
L’équipe de « choc », dont Cécile l’avait entretenue, était composée de trois personnes âgées de vingt-cinq à trente ans, réparties dans un pavillon coquet de quatre pièces sobres et claires, agrémentées de fleurs, sis à Argenteuil.

- Je vous présente Isabelle, une amie de faculté, leur expliqua-t-elle. Voici ta nouvelle famille. J’ai nommé Valérie, une brunette aux yeux de feu, Patricia la sérieuse, et Anne Gotte notre unique salariée qui cumule les fonctions d’assistante sociale et de secrétaire. Elle t’expliquera notre mode de fonctionnement. Tu vas, dans un premier temps, te reposer, te reconstruire, prendre des forces. Ensuite, nous aviserons avec ton concours sur tes choix professionnels. A bientôt, dit-elle. Je file. Le travail n’attend pas.

Isabelle se retrouva peu après dans un grand bureau aux couleurs neutres :  - Prenez place lui proposa Anne, une jeune femme élancée de vingt-six ans, moulée dans un tailleur de serge sombre qui mettait en valeur sa poitrine menue, en refermant la porte. Quelques timides rayons de soleil soulignaient la joliesse de ses traits au nez aquilin et se perdaient dans sa crinière auburn ramassée en un chignon impeccable. Le bruissement régulier de la pluie se fit entendre par la fenêtre entr’ouverte.

- Vous demeurerez d’abord dans une annexe de ce pavillon située derrière ce gros platane, continua-t-elle d’une voix mélodieuse, en désignant un point à l’horizon. Donnez-moi maintenant vos mensurations pour vous acheter des vêtements, puis vous remplirez avec moi divers documents administratifs pour bénéficier d’aides diverses. Soyez assurée que nous ne communiquerons jamais votre nouvelle adresse à quiconque et surtout pas à ces goujats que sont nos tortionnaires. Notre avocat, maître Arnaud Delage, est très connu sur la place de Paris et dans le Val d’Oise pour ses réussites et sa pugnacité.

Isabelle l’écouta sans piper mot. Anéantie et soulagée à la fois. La solution la plus sage consistait pour l’heure, ainsi que l’avaient proposée ses interlocutrices, à prendre du recul. Elle pourrait, à terme, recommencer ses études d’archéologie médiévale et postuler pour un poste d’assistant de faculté. Dans le même période, un travail à mi-temps lui permettrait de s’insérer dans le monde du travail. Elle battait sa coulpe : Pierre, qui abhorrait l’intellectualisme, l’avait encouragée à devenir une ménagère à sa botte. Pourquoi ne s’était-elle pas révoltée ?
Anne la tira de ses sombres pensées et l’entraîna dans la fameuse annexe composée de deux pièces, d’une cuisine moderne, et d’un cabinet de toilettes, le tout  équipé du confort dernier cri.

- L’ensemble vous plaît, l’interrogea-telle en désignant un grand lit, une télévision, et dans l’autre pièce, un sofa et des meubles aux lignes épurées. Le tout était d’une propreté méticuleuse.
- Oui, c’est plus que je ne pouvais l’espérer. Vous faites toutes montre d’une si grande gentillesse.
- Ce n’est rien. Accepteriez-vous que nous nous tutoyons ? Le tutoiement s’est imposé d’emblée à nous depuis la création de l’association voilà cinq ans.  

Désarçonnée dans un premier temps par cette question, Isabelle opina du chef : 
- Entendu, d’autant que nous serons amenées à nous rencontrer à plusieurs reprises.

- Bien, je te quitte. Je vais effectuer des emplettes. Tu trouveras à manger dans le réfrigérateur. Nous veillons à le remplir à chaque début de semaine Je reviens promptement comme promis. Ma montre indique 13 heures.

Une fois seule, Isabelle se débarrassa de son manteau, posa son sac à main sur une chaise, alla dans le frigo de la cuisine et entreprit de manger et de boire à satiété, à son rythme.

Anne la retrouva peu après, les bras chargés de sacs. Elle en vida le contenu et le rangea. 
– Voici tout ce dont tu auras besoin pour les jours à venir. N’oublie pas de me signaler ce qu’il te manque et ne te laisse pas influencer par les éventuelles démarches de ton mari. Tu es adulte et majeure. La loi ne lui accorde aucun droit spécifique. Je te donne mon numéro de portable si tu désires me parler. Je sais ce que sont les coups de cafard. Je suis aussi passée par là dans une autre vie. A demain donc, lui dit-elle, en lui serrant vigoureusement la main. Je commence mon travail demain à 8 heures. J’ai omis d’ajouter que nous effectuerons un bilan de compétences quand ton état le permettra.  


IV

Isabelle attendit que tout le monde soit parti pour fermer les volets. Elle ôta se vêtements, ses bottes, ne garda qu’une nuisette de percale transparente qui pendait sur un cintre d’acier, et regarda la télévision, mais elle n’arriva pas à fixer son attention sur un programme quelconque.
Elle éteignit le poste, décida de se reposer sur un sofa dans la chambre voisine, somnola un temps, puis désireuse de soulager la tension qui l’envahissait, elle remonta son sous-vêtement, massa de sa main droite ses seins lourds qui pointaient fièrement, s’arc-bouta sur ses pieds, glissa quelques doigts dans son clitoris et effectua des mouvements circulaires qui l’amenèrent bientôt à un plaisir au goût d’inachevé.

Isabelle n’osait pas se masturber à son domicile tant la peur d’être surprise et de déplaire avait annihilé en elle toute volition.

Heureusement, cette époque était révolue. Cette nuit-là, elle dormit d’une traite, telle une enfant. Au matin, elle était fraîche et dispose, rayonnante comme un bouton de rose.
Son existence re-commençait.

V

Les jours s’écoulèrent. Isabelle reprit lentement confiance en elle, bien que ses blessures tant physiques que morales n’eussent pu disparaître d’un coup de baguette magique.
Elle changea son apparence, se maquilla avec recherche, gestes qu’elle n’avait pas exécutés depuis des lustres, et dénicha dans un tiroir une robe de soie noire décolletée qui la seyait à merveille.

Anne lui rendait visite plusieurs fois par jour. Elle venait s’enquérir de son moral, de ses desiderata, de ses projets. Leur entente grandit et se renforça.
Deux semaines après son arrivée, son amie lui confia, la mine contrite :
- Je m’excuse de troubler ainsi ta quiétude, mais il faut que tu libères ce logement cet après-midi. Je dois m’occuper d’une nouvelle arrivante dont le cas s’avère complexe et urgent. Je te propose cependant une solution transitoire, car d’ordinaire les femmes victimes de violences sont dirigées vers un foyer-relais : tu vas venir chez moi pendant cette période. Ma démarche ne correspond pas stricto sensu à la déontologie que requiert ma profession, mais, après tout, à la guerre comme à la guerre. Qu’en penses-tu ?

- Entendu, acquiesça Isabelle, trop heureuse de renforcer les liens avec celle qu’elle considérait comme sa bienfaitrice. 

VI

Anne possédait un appartement de trois pièces, au sud de Paris, près de la place Denfert-Rochereau, dans le XIVème arrondissement, dont elle avait hérité voilà peu, à la mort de sa grand-mère maternelle.

- Viens, l’invita-t-elle. Je vais te faire visiter. Tu dormiras cette nuit dans ce canapé-lit rouge. Tu trouveras tes vêtements et les objets t’appartenant rangés dans cette penderie. Quant à moi, j’occupe cette chambre, ajouta-t-elle en désignant un lit à deux places recouvert d’un voile de cretonne d’une blancheur immaculée, un secrétaire en chêne massif surmonté d’un micro-ordinateur, de livres de droit et de quelques chaises. Je n’utilise que rarement le salon. Nous mangerons de suite dans la cuisine, si cela ne te pose pas de problème. J’ai amené divers dossiers. Je les examinerai après manger. Tu pourras lire, si tu le désires, ou regarder la télévision. Entre-temps, imite-moi, et mets-toi à l’aise. Ote ton manteau et tes bottes.

A cette annonce, Isabelle s’exécuta. Elle adorait entendre et sentir le crissement de ses bas de nylon sur le plancher.
Elles n’échangèrent que peu de mots au cours du repas qui s’avéra frugal.
Comme convenu, Isabelle ferma la porte de communication et se divertit en regardant un film policier américain des années cinquante, une période qu’elle affectionnait particulièrement dans l’histoire du VII ème art. Ensuite, la fatigue venant, elle arrêta l’appareil, se déshabilla, revêtit sa nuisette que son hôtesse n’avait pas manqué d’apporter, se coucha et éteignit la lumière.
Le sommeil la saisit aussitôt.

Elle en fut tirée par Anne, qui, les cheveux défaits dans son cou gracile et auréolée par l’éclat de la lampe de chevet, la fixait, anxieuse, enveloppée dans une chemise de nuit courte sans manche, brodée de motifs floraux. Ses beaux bras blancs frissonnaient dans la langueur nocturne. Les lames de bois du parquet grinçaient sous ses pieds nus aux ongles peints.

- Tu as crié à plusieurs reprises « non, Pierre, arrête, arrête ! », lui expliqua -t-elle. Regarde, tu es couverte de sueur, et joignant le geste à la parole, elle alla dans la salle de bains, mouilla un gant de toilette, revint et lui essuya délicatement le visage avec un gant humide qu’elle reposa sur une chaise. Essaye de te rendormir. Il est deux heures du matin.
- Ce phénomène me poursuit depuis mon mariage. Je me réveillais à l’impromptu et hurlais parfois la nuit, assommée par les somnifères. C’était l’occasion pour Pierre de manifester sa « virilité » en me frappant dans le ventre pour ne pas laisser de traces. Je pensais qu’avec l’association, ta présence, ton aménité, mes angoisses allaient disparaître. Mais non, tout recommence de plus belle, rapporta-t-elle.
A cette pensée, des sanglots secouèrent son corps.
Anne s’assit à ses côtés, la ramena au creux de son épaule et tarit ses larmes avec ses paumes :
- Calme-toi, ma douce, lui chuchota-t-elle. Tu t’en sortiras. Crois en mon expérience. Je vois défiler semaine après semaine des femmes qui ne possèdent pas le dixième de ton cran.


Puis, elle écarta les draps d’un geste vif et encercla sa taille d’un bras protecteur : 
- Ne crains rien, ma chérie, lui affirma-t-elle d’une voix sourde, en l’embrassant fugitivement sur la bouche. Tu es ma protégée maintenant. Je veillerai sur toi.


Les yeux brillants de convoitise, Anne se redressa, se dépouilla de ses sous-vêtements, les jeta sur le sol, et s’allongea, resplendissante de beauté dans sa nudité auprès d’Isabelle, qui mollit à  son approche, frémissante et effarouchée à la fois. 
Elle rejeta dans un angle la nuisette qui gênait ses manœuvres, caressa lentement de sa main gauche ses seins au galbe parfait et ses tétons aux auréoles sombres, mordilla sa chair tandis que ses mains s’activaient, délivrant des messages de délices, l’enfourcha, flatta son périnée et son mont de Vénus d’un index interrogateur, introduisit deux doigts qu’elle tourna interminablement dans son clitoris et continua au ralenti son exploration câline vers son vagin et jusqu’à sa matrice.

C’en était trop ! C’était si bon, si parfait, si délicat, si chaud ! Déjà excitée par ces débuts prometteurs, le pouls de sa partenaire s’accéléra. Elle l’exhorta à continuer en rugissant à maintes reprises « oh oui, oui ! », hoqueta par des saccades vives et répétées des petits cris de biche effarouchée, émit des roulements rauques et plaintifs, et retomba, extasiée, exhalant des sanglots de plaisir qui l’amenèrent sur les grèves de la félicité. 

Epuisée, Anne essuya leurs visages luisants de sueur avec un coin de drap, se lova contre elle, et lui demanda humblement, ravie par cette débauche et cette fringale de volupté : 
- Regrettes-tu ? Je t’aime depuis ton apparition au siège de l’association. Peut-être m’en veux-tu d’avoir profité de ton état de faiblesse. Tu m’es apparue si vulnérable, si fragile que je mourais d’envie de te serrer dans mes bras et de t’embrasser.
- Non, bien au contraire, répondit son vis-à-vis, dont les yeux pétillaient de liesse et de paix. Je pensais, avant de te connaître, que l’amour n’existait pas, que la jouissance sexuelle était réservée à des initiés, et particulièrement aux mâles, et que je ne correspondais pas, somme toute, aux normes sociales, car je n’ai jamais connu le coït. Mon mari et les hommes qui m’ont précédée avant lui n’ont professé, à mon encontre, au mieux que de la condescendance, de la misogynie, et plus fréquemment de la violence. Pour ces tristes sires, seul comptait le contentement de leur libido.

Elle se tut, laissant son annulaire fureter les épaules de sa partenaire et reprit : 
- Avec toi, tout est différent. Tu m’as fait éprouver l’orgasme pour la première fois de mon existence. Tu m’as révélé ma véritable nature. Je me sens pleinement Femme. Je n’ai jamais ressenti envers quiconque auparavant une telle passion qui ne s’apparente qu’à la Grâce, une telle inclination, une telle quiétude. J’idolâtre tout de toi : l’ovale de ton visage, la blancheur de ta peau, le cuivré de ta chevelure, la fourrure de tes aisselles et de ton sexe, ta bonté, ton âme.  J’envisage l’avenir avec sérénité. Tu es mienne désormais, je t’adorerai pour toujours, conclut-elle en attirant à elle son joli minois qu’elle maintint de ses paumes fines et en insinuant sa langue agile entre ses lèvres pleines.


A ces mots, Anne, dont le cœur battait la chamade, la pressa délicatement entre ses jambes, peau contre peau, seins contre seins, ventre contre ventre, pubis contre pubis, cajola son visage d’une multitude de baisers, et lui susurra, les prunelles scintillantes :  
- Je vais t’honorer encore mon aimée, sans hâte, plus alanguissement. Après, fais-moi l’amour, je t’en supplie ! Je te guiderai, je t’apprendrai au besoin et nous goûterons ensemble les orgues de la sensualité et de la tendresse. J’ai tant faim et tant besoin de toi !

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Cette nouvelle a été écrite par Sophie Rivière. Si vous souhaitez lire d'autres de ces récits, faites le nous savoir en commentaires.

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