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Clotilde

Clotilde

Publiée le 06 octobre 2016  

La pluie était si légère qu'on eût dit un voile de mariée. L'image amusa Clotilde. Elle but son café d'un trait et fila glisser ses jambes dans un jean. Son vieux pull trainait au pied du lit. Elle l'enfila à même la peau. Pieds nus dans ses bottes en caoutchouc, la jeune femme se sentait d'attaque pour braver la fine ondée. L'automne était pour elle la plus belle des saisons.
Il avait plu toute la nuit. C'était une chance. L'herbe haute était gorgée d'eau. Clotilde s'arma de son parapluie et de son petit seau. Elle traversa le champ jusqu'au bosquet. Les troncs des vieux hêtres s'y prenaient pour des piliers de cathédrale. Le sol couvert de larges feuilles assourdissaient ses pas. A cette heure matinale, peu de chance d'y croiser qui que ce soit. Tant mieux. Clotilde aimait être seule.
Soudain, la pluie cessa. Comme par miracle. Le bruissement léger disparut. Seules les grosses gouttes tombant des branches détrempées venaient maintenant troubler le silence du bosquet. Clotilde ferma son parapluie et, tout en marchant, souleva de la pointe des petits paquets de feuilles. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour trouver ce qu'elle était venue chercher. Elle s'accroupit en souriant et saisit la coquille beige d'un bel escargot. Délicatement, Clotilde décolla la feuille gluante de bave sous son ventre. Un long filament translucide s'étira jusqu'à céder. Le gastéropode s'arque bouta de mécontentement et rentra ses antennes. Clotilde le détailla, le soupesa et finit par le reposer au sol. 
— Un peu trop petit, mon ami. L'an prochain, peut-être.
Et Clotilde se remit en quête. Elle savait ce qu'elle cherchait. Elle le trouverait.
Elle n'eut pas longtemps à attendre car, sous une feuille à deux pas de son pied, une coquille de belle couleur apparut. L'escargot que sa main saisit alors l'impressionna. Le corps de l'animal était aussi large que son pouce. Plus long que son majeur. La coquille était lourde dans la paume de sa main. Et que de bave, sortant des commissures de cette jolie coquille. Une onde de chaleur glissa dans le ventre de Clotilde.
— Te voilà engagé, petit escargot. Maintenant, si tu veux revenir dans ce bois, il faudra que tu gagnes ta liberté. Mais, dis-moi, n'aurais-tu pas des amis à toi dans les parages ?
L'escargot au fond de son seau, Clotilde reprit aussitôt sa recherche. Et la chance l'accompagna car, une petite demi-heure plus tard, elle rentrait chez elle en chantonnant, cinq magnifiques spécimens bavant au fond de son escarcelle. 
La petite maison sentait bon le feu de bois. Les bottes en caoutchouc volèrent dans le couloir d'un coup de pied habile. Le feu crépitait dans le gros poêle en fonte. Clotilde posa le seau sur la table basse et se déshabilla. Elle se pencha sur le seau.
— Attendez un peu, mes amours. Ne cherchez pas à vous échapper. Nous avons à faire.
Devant le miroir de la salle de bain, Clotilde détailla son corps. Elle s'aimait bien. Ce corps qu'elle avait si longtemps détesté. Ce corps qu'elle avait appris puis apprivoisé. Que le temps avait façonné et qui, à l'aulne de ses trente ans, se reflétait avec délectation sous ses yeux. Combien d'années avait pris le simple geste de ses mains courant sur ses seins. De ses doigts pinçant la peau délicate de ses tétons. Avant d'emprunter les mille chemins du plaisir construits au fil du temps et des soupirs solitaires.
Aimer la toison rousse de son bas-ventre et cette peau si particulière. Ces tâches de rousseur gamines et sensuelles. Cette tignasse flamboyante éclairée par ce regard bleu-vert.
Clotilde fit couler l'eau tiède de sa douche et s'y glissa. Elle ne s'y attarda pas et prit soin de simplement s'éponger. Lorsqu'elle fut de retour au salon sa peau brillait encore d'humidité. Elle alluma une bougie, éteignit la lumière, étala sa serviette devant le feu de cheminée crépitant d'impatience et s'agenouilla près de la table basse.  
— Oh, mais vous n'essayez tout de même pas de vous échapper ? Vous avez un petit travail avant, si vous le méritez, de retrouver votre forêt.
Et Clotilde s'allongea enfin. Elle prit tout son temps. Celui de regarder danser les reflets orangés du feu de bois sur sa peau. Celui de respirer profondément et d'envisager la suite. Enfin, elle plongea sa main dans le seau et saisit la première coquille. Le corps de l'escargot se décolla lentement du fond. Elle posa l'animal tout près de son nombril et le laissa se détendre. Il finit par s'étaler de tout son long et entama sa lente reptation. Clotilde ferma les yeux. La fraîcheur de cette petite langue fit gonfler sa poitrine d'une inspiration voluptueuse. Elle posa sa tête sur la serviette et, les yeux clos, s'amusa à deviner la destination du gastéropode sur l'humidité de sa peau. Ce fut la route de sa cuisse gauche qu'il sembla choisir.
Puis, Clotilde replia ses jambes et les entrouvrit. Elle déposa le deuxième escargot à l'intérieur de sa cuisse droite. Là où la peau est si tendre. Si délicate. Si sensible. Il prit tout naturellement le chemin de la descente. Alors, la jeune femme, déjà troublée par ces deux petites langues en mouvement, déposa la troisième sur son autre cuisse. Et la douce torture s'amplifia. D'autant que le premier escargot venait de rebrousser chemin et glissait à présent vers sa toison toute proche.
— Va, petit explorateur. Je suis prête.
Ce fut en tremblant que sa main attrapa les deux derniers gastéropodes. Chacun d'eux trouva sa place sur chacun de ses seins. Ils y étalèrent leur corps frais et humide et migrèrent imperceptiblement où bon leur sembla. Le souffle de Clotilde s'accorda aussitôt au plaisir qui montait. Ses cuisses tremblaient et son ventre vibrait de soubresauts incontrôlés.
Chacun des gastéropodes en goguette laissait sur la peau qu'il parcourait une traînée de bave que le contact de l'air durcissait aussitôt. Cinq lignes de plaisir tracées sur l'épiderme sensible de la jeune femme. Des lignes de hasard. Et, par instants, les lignes glissantes se faisaient râpeuses. Abrasion légère de la petite bouche de chacun des gastéropodes. Des frissons parcourant alors le corps surchauffé de leur belle victime.
Clotilde ferma les yeux. Ses doigts se crispèrent tout à coup la serviette sous elle. Le tout premier de ses fureteurs venait d'entrer dans son petit bosquet. La jeune femme rouvrit les yeux et releva la tête. La coquille brune glissait lentement vers son intimité. La tête du gastéropode furetait au-dessus de sa fine toison. La bestiole marqua un petit temps d'arrêt. Clotilde retint son souffle. Enfin le large gastéropode tendit son corps et rampa plus avant, amorçant tout de go la légère descente. La tête de Clotilde retomba en arrière.
— Oh mon Dieu !
La lente reptation engagea aussitôt son implacable torture. La drôle de langue gluante glissait en direction des lèvres odorantes. Sous son pied, l'escargot dût ressentir une petite excroissance s'échappant de son capuchon. Le corps de la petite bête s'insinua bientôt au creux du sillon élargi par le plaisir des sens. Clotilde râlait à présent en ondulant sur sa serviette froissée. Son épiderme aux aguets goûtait distinctement chacune des quatre autres reptation sur son corps. A l'intérieur de chacune de ses cuisses. Sur chacun de ses flancs à présent.
L'onde de plaisir qui tendit le corps de Clotilde lui arracha un cri. Elle haletait à présent tandis que l'escargot entre ses cuisses largement ouvertes terminait son indécent chemin. Il bifurqua lentement et remonta vers la cuisse droite qui s'ouvrait à lui. Lorsque la queue de la bestiole quitta enfin les lèvres détrempées, Clotilde reprit un peu ses esprits. Les cinq gastéropodes continuaient leur exploration sur ce corps qui enfin retrouvait son immobilité.
Relevant la tête, leur victime contempla les traces gluantes qu'ils avaient écrit sur son corps.      
— Merci pour ce moment, les petits. Mais, j'en voudrais un peu plus si vous les permettez.
Elle les décolla un à un et les déposa au plus près de sa petite toison rousse. Le premier chemin de plaisir irait du nombril à ses lèvres intimes. Elle y déposa celui qui connaissait déjà ce parcours. Puis elle saisit les deux explorateurs de ses seins et les posa directement sur ses poils. Enfin, les deux visiteurs de ses cuisses emprunteraient le cheminement inverse de son tout premier fureteur. Ils prirent place de part et d'autre de ses lèvres parfumées et remontèrent aussitôt à la rencontre du premier. Clotilde attrapa un gros coussin et le glissa sous ses fesses pour ouvrir mieux encore le théâtre de son plaisir. Les cuisses largement ouvertes, elle saisit du bout des doigts la pointe érigée de ses tétons et les fit rouler.
— Oh, putain !
Clotilde encaissa une première douce décharge en gémissant. Il n'avait pas fallu longtemps pour que les cinq rampants se réunissent sur l'épicentre de son plaisir. Qu'y faisaient les gastéropodes ? La jeune femme abandonnée n'aurait pu le dire. Tantôt glissants, tantôt râpeux, leurs contacts intimes la bousculaient. Ses cuisses tremblaient tout autant que son ventre. L'onde de plaisir tendit bientôt la pointe de ses seins.
Evaporée entre deux mondes, Clotilde laissa tomber ses jambes de part et d'autre du coussin. Ses soubresauts délicieux lui saisissaient les hanches et bousculaient son ventre. Lentement, très lentement, les cinq  fureteurs quittèrent l'humidité de la douce toison et s'éparpillèrent sur son corps. Cuisse, hanche, nombril, sein, flanc, chacun dériva au hasard de ses envies. Clotilde lâcha bientôt prise et se laissa gagner par le sommeil.

(Note de l'auteur : Aucun animal n'a été maltraité pour réaliser cette scène)

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Cette nouvelle a été écrite par Tristan Bay. Aimez-vous sa plume ? Si oui, faites le savoir dans les commentaires pour le retrouver sur Nouvelles Erotiques.

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