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L'Impératrice

L'Impératrice

Publiée le 27 février 2013  

L'histoire se passe au XVIIe siècle, en Chine. Wang-Li découvre, le jour de ses noces, les atrocités commises par son mari, elle cherche à fuir, est enlevée et conduite dans un lieu mystérieux. Une servante, Wing-Zai, l'aide à prendre à nouveau la fuite.


— Pas par là : ils vous retrouveraient ! Venez avec moi.

Wang-Li la rejoignit et elles coururent longtemps, main dans la main ; les escaliers et les couloirs succédaient aux couloirs et aux escaliers, c’était un labyrinthe rouge et noir qui imposait à chaque instant la vue de nouveaux tableaux dont on disait qu’ils épuisaient l’imagination, car leur nombre était infini. La femme ouvrit enfin une porte et Wang-Li entra la première. Épuisée et comme droguée par la course folle à laquelle elles venaient de se livrer, elle demanda en un souffle ce qu’une jeune fille innocente comme elle faisait en ce lieu, ce que tout cela signifiait ; elle aspirait même, malgré sa peur, à retrouver son mari et elle supplia cette danseuse de lui révéler pourquoi il ne venait pas à sa recherche…

— Tu me demandes des explications. Les voici : tu es dans un bordel. Le seul de toute la région. Ton mari le fréquente assidûment et si tu travailles ici, comme je le pense, malheureusement, tu le retrouveras bientôt.

Wang-Li fut stupéfaite. Elle désirait certes des éclaircissements, mais une vérité aussi crue la laissa béante. L’autre s’apercevant que ses propos ne satisfaisaient pas ses projets débita sur un ton câlin des généralités qui rassurèrent Wang-Li et la jetèrent à nouveau dans ses bras. Alors, frôlant ses vêtements, elle lui caressa les cheveux et lui dit qu’elle s’appelait Wing-Zai. Elle appartenait elle aussi à un seigneur qui, s’il ne s’inquiétait guère du sort des enfants auxquels il donnait la vie, lui avait promis la mort s’il découvrait qu’elle se rendait coupable d’adultère. Il se doutait de son inconstance, mais elle ne pouvait vivre sans aimer les hommes et les femmes vers lesquels l’amenait son désir.

Wang-Li ne crut pas à cette confidence car elle révélait une réalité trop semblable à celle qu’elle venait d’avouer elle-même. Elle se demanda si tout cela n’avait pas été inventé pour qu’elle se jetât plus profondément encore entre les bras de Wing-Zai. Mais Wing-Zai était bonne. Elle caressa la pauvre vierge qui s’endormit sur sa poitrine. Wang-Li s’éveilla quelques minutes plus tard au milieu d’un rêve dont elle n’eut pas le temps de rougir : Wing-Zai disparaissait dans son vagin qui se gonflait tant qu’elle accouchait d’un bébé dont le visage était celui de son mari ; le corps du bébé était le gros pénis de l’homme sur l’estampe à la baignoire.

Wang-Li s’éveilla en sursaut. Wing-Zai lui léchait toutes les lèvres, à califourchon au-dessus d’elle. Juste au-dessus de son visage, le pubis de Wing-Zai trempé de cyprine descendait vers sa bouche. Réprimant son dégoût, elle laissa la femme en baigner ses lèvres. Le plaisir se répandant progressivement en elle, Wang-Li ouvrit la bouche et darda le bout de sa langue entre les grandes lèvres de la mère indigne. Le « bordel » n’était peut-être en fin de compte qu’un lieu agréable où les femmes s’adonnaient à une sensualité qui ne pouvait mener qu’à la béatitude.

Au milieu de la nuit, Wang-Li fut réveillée en sursaut. Dans ses bras dormait profondément sa maîtresse. Ses jambes l’enlaçaient et ses bras lui empêchaient tout mouvement. La tête de Wang-Li retomba mollement sur l’oreiller : elle bougea très légèrement chaque partie de son corps afin de sentir le léger frottement de sa peau contre celle de la belle Wing-Zai. Les seins de la femme contre les siens, glissant sous son aisselle, sa bouche entrouverte exhalant encore l’odeur de son sexe à elle ; Wang-Li caressa les fesses de la femme qui allait mourir. Le bruit se rapprochait. On frappa à la porte et sans attendre elle fut enfoncée : un homme magnifique à la barbe noire et aux yeux sombres comme les rayons des torches infernales se dressa d’un seul coup au milieu de la pièce. D’une seule main et sans effort, il arracha Wing-Zai des bras de la peureuse Wang-Li et sa voix grave et profonde parut sortir des murs :

— Tu as vendu notre fille, tu te prostitues : tu dois mourir !

Il la souleva par la chevelure, de l’autre main tira une dague de son fourreau et lui trancha la gorge. Le corps de Wing-Zai tomba à ses pieds, l’époux avait tenu sa promesse. Il jeta la tête sur le lit et partit sans un regard pour l’amante de sa femme. La bouche de Wing-Zai alla s’écraser contre celle de Wang-Li : elle sentait encore l’amour mais une odeur d’acier glaçait à son tour le corps de la jeune vierge. La belle Wing-Zai n’avait pas menti. Quelle était cette coutume horrible ? Wang-Li perdit conscience.

M. Zhang quitta Wang-Li dès leur entrée dans la maison aux tentures rouges. Il se reposa dans une chambre et partit avant l’aube. Les routes étaient couvertes de neige et les chevaux avançaient difficilement ; les arbres blancs croulaient sous les empilements de blocs glacés qui se retenaient les uns les autres à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol. Il n’était pas rare d’entendre de longs craquements sinistres qui apprenaient aux voyageurs qu’une branche avait encore cédé sous le poids de la neige ; les masses de glace s’écrasaient sur d’autres branches qui déracinaient les arbres sur lesquels elles s’effondraient et des hectares entiers de sapins disparaissaient. Le voyageur qui s’en retournait par là le lendemain ne pouvait pas reconnaître la route par laquelle il était venu : tout avait été remplacé par des crevasses et des monticules blancs et informes que crevaient par endroits des sortes de lances tordues et d’énormes pieux. Cette vision d’apocalypse effrayait les voyageurs ; peu nombreux étaient ceux qui s’aventuraient dans ces vallées flanquées encore de parois abruptes et de forêts impénétrables.

À l’intersection des cinq vallées du royaume se dressait le château du souverain régnant sur ce désert. Jamais personne ne lui fit la guerre dans l’espoir de s’approprier des montagnes inexploitables et des routes éclatées par la glace ; c’était pour sa population féminine que certain roi aurait envisagé d’annexer ce royaume, s’il ne parvenait déjà à lui soustraire insensiblement cette marchandise dont la valeur était ici dédaignée.

M. Zhang tenait la cassette dans sa main droite lorsqu’il s’agenouilla devant son souverain. Le roi était un vieillard dont toute la personne dégageait une aura de puissance qui terrorisait les visiteurs, excepté M. Zhang. Des histoires racontaient que le roi faisait disparaître les sujets qui lui avaient déplu dans des gouffres sans fond. Les demandes d’audience étaient rares.

— J’ai trouvé ce que vous me demandiez, votre Majesté, prononça l’homme qui n’abandonna pas une espèce de hauteur sauvage lorsque le roi fixa sur lui les prunelles d’acier cylindriques de ses yeux sans cils.

— Où est-elle ? répondit le roi. Je veux la voir.

— Elle est à la maison, votre Majesté. On la forme.

— Retournez là-bas. Amenez-la-moi. Je n’ai aucune confiance dans les deux individus qui ont pris le pouvoir depuis que les dames Liang sont, paraît-il, malades. Vous vous occuperez personnellement d’elle, si je la juge digne de se marier avec mon fils.

M. Zhang s’inclina et sortit à reculons, abandonnant la cassette sur la table des présents. Comme à chacune de ses visites, il ne profita pas de la chambre que le roi avait mise à sa disposition. Il descendait toujours les marches du Palais jusqu’au quartier pauvre qui longeait la muraille de l’est. Des hôtels bon marché y proposaient des chambres exiguës. M. Zhang y posait son sac et sortait. Il passait devant l’atelier d’un artisan qui, en le voyant, laissait ses outils. Tous deux marchaient lentement dans les rues et dissertaient sur les moyens de mettre fin à la corruption des mœurs et à l’avilissement du pouvoir. L’homme, qui s’appelait Jin Decheng, emmena M. Zhang dans un hôtel sordide où personne ne prenait jamais de chambre que pour quelques instants. Le toit était effondré et par les trous des murs des hommes regardaient les couples en se caressant. Au bout du dernier couloir, ils entrèrent dans une pièce sans meuble et sans fenêtre. La lumière provenait d’un trou près duquel Jin Decheng amena M. Zhang. Dans une autre pièce sans fenêtre, mais éclairée par deux flambeaux, M. Zhang reconnut le fils du roi. Il était nu, à genoux et attaché au mur par des chaînes. Derrière lui, un homme velu bandait : les fouets qu’il abattait sur Shen le faible – tel était le surnom que donnait le peuple au fils du roi – lacérait le dos dont le noble sang éclaboussait le sol et les murs impurs. Shen tortillait des fesses en poussant des gémissements lubriques.

— J’ignorais encore cela, dit M. Zhang qui se détourna.

Son air sombre et pensif parut de bon augure à Jin Decheng qui se tourna à nouveau vers le trou. Un jeune homme nu entrait pendant que le gros velu fouettait toujours le cul en sang et le dos du Prince. Il se branla, s’approcha de Shen et urina sur son visage. Le Prince ouvrit la bouche et avala plusieurs gorgées du liquide orange qui sentait le sucre – comme cela avait été imposé. Puis le jeune homme se masturba et approcha son sexe de la bouche princière. Le pénis pénétra entre les lèvres et le fils du roi suça avec rage en s’acharnant sur le gland, semblant manifester du dépit que le foutre ne coulât pas plus vite au fond de sa gorge. Le garçon lâcha enfin son sperme et le Prince, que l’on fouettait toujours, ordonna qu’on tuât cet avorton qui avait ignoré les ordres : il fallait éjaculer au moment même où on lui mettait la bite dans la bouche. Aussitôt, deux hommes pénétrèrent dans la pièce et, pendant que le velu sodomisait le Prince, ils massacrèrent le jeune homme, dont il ne resta que des morceaux. Le Prince criait de douleur en regardant les gardes arracher les membres du jeune homme encore vivant. Le velu éjacula en hurlant ; Jin Decheng crut que le Prince, qui avait disparu sous son corps massif, allait mourir sous la violence des assauts. Mais le fils du roi rejeta le velu et demanda qu’on lui apportât les restes. On détacha ses liens et il se vautra dans la chair ouverte où le velu le rejoignit, le masturbant et le sodomisant à nouveau.

M. Zhang ne dit rien et quitta son ami. Il passa plusieurs heures sur son lit sans dormir. Avant l’aube, il avait déjà franchi la moitié de la distance qui le séparait de la maison.

Wang-Li se faisait coiffer par les femmes qui lui avaient donné son premier bain. Gênée de les revoir, elle rougissait et elles devaient lui relever la tête sans cesse pour vérifier le résultat de leur travail. On vint les avertir que M. Zhang était arrivé. Elles habillèrent rapidement Wang-Li. L’une des deux femmes prit quelques secondes pour promener ses doigts sur le sexe de Wang-Li qui s’entrouvrit. Du liquide brilla entre les lèvres qu’elle essuya ; puis elle se lécha les doigts en regardant la jeune fille. La tête décapitée de Wing-Zai remplaça celui de la servante et Wang-Li eut peur de devenir folle.

Elle descendit dans le hall. M. Zhang prit son seul bagage et l’invita sans un mot à le précéder. Une fois dans la voiture, il parla.

— Tu es destinée à épouser le Prince… Oui, le fils du roi. Tais-toi ! Peu importe que tu sois déjà mariée. Un ordre du roi est au-dessus de toutes les lois. C’est moi qui m’occuperai de toi jusqu’à ton mariage. Tu devras jusque-là rester pure. – Il se tourna vers elle et la regarda avec une sombre inquiétude. – Que t’ont-ils fait ?

La pudeur de Wang-Li l’empêcha de tout dire. Elle raconta que des femmes lui avaient montré des choses ; c’était tout. Sans savoir complètement ce qui s’était passé, M. Zhang comprit que sa virginité avait été préservée : c’était le principal.

— Le roi a raison, murmura-t-il. Cet endroit n’est plus sûr.

Il pensait à la folie du Prince, à la mort certaine qu’encourait la jeune fille ; il la conduisait tout droit dans l’antre du bourreau. Si ce malade devait régner un jour, le pays sombrerait dans le chaos. Le roi savait-il cela ?

***

Vous venez de lire un extrait du chapitre II de L'Impératrice de Ian Cecil, livre numérique aux éditions Dominique Leroy.
Il m'a été très gentiment confié par ChocolatCannelle

Pour découvrir l'intégralité du livre, c'est par ici. A 2,49€ seulement, ce serait vraiment dommage de s'en priver...

 

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Par Irina Du Bois Sainte Marie

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