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Miss Dior, 2ème partie

Miss Dior, 2ème partie

Publiée le 13 juillet 2013  

Retrouvez la première partie de Miss Dior sur Nouvelles Erotiques

***

Son approche s’était faite soudain malhabile, imprégnée de désir et de timidité.

Mais les yeux de Mathilde, d’habitude si discrets, reflétaient une invite à l’audace du jeune homme, une incitation effrontée à venir la sonder, repoussant les frontières des limites autorisées par cette foutue morale qu’on lui avait inculqué.

L’audacieuse menace de ce regard charmeur avait précipité ses désirs de lui prouver combien, cette femme mature qui s’était résignée à ne plus savoir séduire, lui, le jeune élève pusillanime, combien il la désirait, combien il la convoitait.

Elle si volubile en début de soirée, s’avérait soudainement muette, dans l’attente discrète que Benjamin appose ses lèvres sur son sexe émouvant tant il lui était offert, insolent, presque scandaleux.

S’approchant doucement entre ses cuisses ouvertes, il s’était délecté, sous la douceur de ses doigts fébriles de cette humidité signifiant « je te veux », alors même que Mathilde, déjà plissait ses yeux.

Son bouton merveilleux, gorgé d’une impatience au plaisir, appelait au délit, à un viol consenti de sa troublante féminité.

Comme une prière, elle l’avait invité, oubliant les manières et les civilités.

« Viens Benjamin. Je me veux tienne, fais ce que tu veux de moi, je te désire tant et bien plus que ça. »

Ses bas, ses jambes si fines, ce V si intime  avaient exacerbé la fougue de Benjamin.

Elle s’était lancée dans des aveux illicites qu’il n’avait jamais soupçonnés.

« Combien de fois n’ai-je rêvé que tu détaches le violoncelle d’entre mes cuisses pour venir t’y glisser et t’abreuver du plaisir que tu pourrais me donner.

Loin des inhibitions, il s’était évadé. De sa bouche, il avait parcouru chaque parcelle de sa peau

Sous les frémissements de sa peau inondée de codes érotiques, anticipant de manière cérébrale sur les conséquences de ses agissements, il avait entrevu une éruption sismique et sensuelle. Elle avait ponctué cette vision onirique, d’aveux de pénitence, le priant, gémissante, de la punir de ses péchés de luxure et autre lubricité dont elle était friande. Au bord de la rupture, elle se voulait décadente, pour retrouver le goût des amours impudiques.

Oubliant l’instructrice au profit de la femme criante d’érotisme, Benjamin avait écarté un peu plus grand ses cuisses, son regard captivé par la louve attirante, sa bouche folle de désir pour son sexe licencieux.

La si respectable Mademoiselle Mathilde, professeur de violoncelle, venait entre les bras de Benjamin de troquer son costume de nonne contre celui d’une damnée.

Cette offrande féline avait éveillé en lui un grand regret, regret légitime de n’avoir osé plus tôt la contrarier des sentiments illicites qu’à son égard il éprouvait.

    Son sexe pour témoin, bandé à l’extrême, il allait la baiser autant qu’elle le voulait et même plus encore tellement son abstinence se révélait à présent douloureusement stupide.

Son désir à elle était bien différent de celui que pouvait ressentir le jeune homme à son égard.

Elle était femme à aimer prendre son temps, elle était femme généreuse, tactile et envoûtante, maîtresse femme, mais aussi tendre amante, quémandant des mots d’amours et des baisers, tout aussi bien que des caresses plus vicieuses.

Son goût prononcé pour la sensualité, lui avait valu bien des déboires. Son attirance pour l’érotisme l’avait poussée bien malgré elle, érotomane culturelle, à se perdre dans des aventures aussi sensuelles qu’illusoires.

Lasse de pleurer, sur ses amours perdus avant que d’être conquis, exécutant un repli sur soi même, elle avait préféré l’abstinence à la souffrance sentimentale, la rémission au parjure.

Peut-être avait-elle donné trop et trop vite à ses amants, peut-être les avait-elle trop comblés dans la luxure bien avant que de leur avoir avoué qu’elle les aimait.

Elle aimait faire l’amour, elle aimait s’offrir en partage dans des étreintes aussi voluptueuses que censurées, mais elle aimait aussi désirer et être désirée car elle souffrait d’une grande carence affective, elle endurait le manque d’amour comme l’attribut de son destin.

Alors quand elle avait regardé Benjamin, sa bouche dévorante, le plaisir au bleu de ses paupières, elle avait décidé instinctivement qu’elle allait l’aimer, lui ce jeune homme insolent qui l’avait détourné de ses vœux de chasteté, qu’elle allait l’adorer

Allait-elle parvenir à résister longtemps à la fougue amoureuse de ce trop jeune amant ?

Il avait emporté dans ses bras la femme malmenée par l’impétuosité enthousiaste dont il faisait état.

Mais elle n’avait opposé aucune résistance, aucune rébellion, s’était laissée porter par l’érotique pulsion qu’il lui offrait en hommage à sa féminité.

Alors qu’il l’avait allongée sur les draps froissés, il lui avait murmuré des mots doux à l’oreille, ânonné des « tu es si belle » et des « je t’aime ».

Elle était sous le charme de ce troublant garçon, elle en avait oublié toutes ses rationnelles promesses.

Avec délicatesse, mais aussi de la fébrilité dans ses gestes désordonnés, elle avait débarrassé Benjamin de sa chemise trop sage.

Il était fort bien fait, une beauté presque rare, lui rappelant l’esthétisme des statues grecques

Elle l’avait regardé méticuleusement, il en était gêné, tant le regard de Mathilde était déstabilisant. Mais elle avait poursuivi ses désirs, effeuillant Benjamin de tous ses vestiges vestimentaires.

« Envie de te toucher, envie de te sentir, Benjamin.

-Tout ce que tu veux Mathilde.

-Viens près de moi. »

Elle l’avait caressé, de la base de son cou jusque sous son bas ventre, s’égarant longuement sur son poitrail musclé, en baisers parfumés et morsures innovantes. Benjamin avait aimé la regarder le caresser ainsi. Elle avait allumé des étoiles sur son ventre, et enorgueilli son sexe d’une noble raideur pleine de convoitise. Elle avait poursuivi ses tendresses érotiques,  son regard assassin bien campé dans celui de Benjamin.

Alors sans prévenir, tendrement, il s’était allongé sur elle, la couvrant de baisers des pieds jusqu’à la tête, et en accord parfait avec les attentes discrètes de Mathilde, il l’avait pénétré.

Mathilde avait gémi, puis, honorant l’érotique intrusion de spasmes et de frissons, elle avait presque inconsciemment enfoncé ses ongles rouge grenas dans les fesses musclées de Benjamin, l’invitant, le souffle haletant, à la prendre violemment.

« Je veux me perdre en toi, lui avait-il murmuré, je veux te faire revivre avant que de me noyer dans ta source, je veux t’aimer d’amour, sans espoir de retour »

Au bord des yeux noirs de Mathilde deux perles s’épanchaient, deux larmes de plaisir délatrices d’émotion et de désillusion.

Car elle pensait Mathilde que, juste au bout de la nuit, Benjamin partirait pour ne jamais plus revenir.

Le souffle court, son sexe bandé à l’extrême, lui, Benjamin il la baisait passion, envahissant sa fente des amours interdites, unissant Mathilde, sa maîtresse adorée à son proche destin dans la continuité.

« Je t’aime Mathilde, j’ai tant besoin de toi. »

Alors qu’ils s’étaient rejoints dans la jouissance primaire, puissante, bestiale, les mots de Benjamin résonnaient dans la tête de Mathilde comme la douleur lancinante d’une migraine persistante.

Une voix intérieure lui ordonnait de fuir cet amour impossible, mais son côté anarchiste entrouvrait une brèche dans cette sagesse l’empêchant d’écouter la voix de la raison.

La sensibilité de son amant dépourvu des vices dont ses autres partenaires l’avaient accablée, avait insidieusement dessiné l’ébauche d’une aventure peu ordinaire, une passion certainement dévastatrice, mais bien plus belle en sensation qu’une relation conventionnelle.

Benjamin, son jeune élève quelques heures auparavant, avait franchi allégrement dans l’insouciance de sa jeunesse, toutes les barrières dont elle avait jalonné sa truculente sexualité dérobée.

Savait –il pauvre Ange, combien cette femme enrobée de mystère derrière ses tenues sévères, combien cette femme désirait que lui, le jeune trublion redonne le jour à ses dérives.

Diablesse de la première heure, elle n’était en vérité tombée que sur des amants médiocrement érotisés.

Mais dans l’instant, elle était en train de succomber sous les caresses affectives de Benjamin, qui inlassablement couvrait chaque parcelle de son corps, exprimant sur sa peau encore moite de plaisir, des frissons désordonnés et convulsifs.

Il était bien encore trop tôt pour lui dévoiler quelle maîtresse abusive elle pouvait être quand elle aimait, quand elle aimait vraiment.

Elle avait ressenti les sentiments de son jeune amant dans sa manière de la dévorer, un mélange de pudeur et de voracité, cet amalgame épicé qui transforme la montée du plaisir en un véritable sacerdoce, une distinction épidermique et sensuelle en matière d’érotisme.

Elle s’était prêtée totalement en abandon au jeu suave de ses lèvres, sur sa poitrine généreuse, sur ses tétons langoureusement frissonnants, jusqu’à ne plus pouvoir résister à ses pulsions, ses désirs réprimés par trop de S’arrachant à la voracité voluptueuse de son amant, elle s’était saisie du premier vêtement à portée de sa main, par pudeur ou par magie, enveloppant sa nudité d’une tendancieuse provocation.

Elle avait enveloppé son exquise féminité d’une chemise masculine, dévoilant entre pudicité et incitation, la peau satinée de ses seins blancs Lorsqu’elle avait quitté la couche, décor feutré de leurs ébats, Benjamin avait vu se défiler la silhouette d’une femme qu’il adorait, mais sa vision s’était floutée sur la nouvelle apparence qu’elle lui offrait.

Ses cheveux ébouriffés, ses yeux cernés de bleu, ce bleu que l’on attribut à l’image des amoureux les plus fougueux, l’avait ému, l’avait troublé, tant Mathilde se révélait bien plus amante qu’il n’y croyait.

Cette apparente sérénité qu’elle dégageait après l’amour l’avait incité à plus d’ardeur, mais aussi à plus de respect, plus d’estime pour son autorité de femme dévorante de passion réprimée.

Les pans de la chemise recouvrant presque impudiquement la naissance de son délicieux petit cul exhortant à la débauche, au dépassement des convenances, lui donnait l’élégance d’une amante qui vient de faire l’amour  en ne songeant qu’à recommencer.

Mathilde avait ressenti la lubricité de ce regard se poser sur elle .Instinctivement  elle avait rajouté une note diabolique à l’excitation, une touche sensuellement émotive dans le grenat de sa bouche.

Cette bouche prometteuse s’était pourtant perdue en volubilité.

Sa remarquable loquacité, alors qu’elle était à peine revêtue de sa chemise, assise en tailleur sur les draps froissés, comme une jeune étudiante, cette faculté époustouflante de narration avait captivé Benjamin

Il avait soudainement oublié qu’il était encore nu, il avait soudainement oublié que quelques instants auparavant, il était en train de l’aimer brutalement.

Il ne savait pas Benjamin, qu’elle allait lui dévoiler une personnalité qu’il n’aurait jamais soupçonnée.

« Benjamin, regarde moi, et maintenant que va-t-il advenir de nous ?

-Je ne sais pas, je t’aime Mathilde.

-Ne dis pas des choses que tu pourrais regretter... »

Sur ces mots elle s’était levée, leur avait servi deux verres de vin, puis avait déposé sur la platine un CD dont Benjamin soupçonnait le genre musical.

Sa passion pour la musique, leur goût commun pour le violoncelle, les avaient rapprochés, il était comme évident, qu’elle allait sceller leur rencontre par un morceau qu’ils affectionnaient particulièrement.

Il était loin d’imaginer que quelques secondes plus tard, il allait découvrir Janis Joplin, dans un de ses morceaux les plus mythiques « Summertime ».

Il avait regardé Mathilde écouter le morceau, écouter était un piètre mot pour décrire avec quelle émotion, elle s’était imprégnée de la voix si particulière de Janis.

Puis elle s’était perdue en explication, s’abreuvant entre deux détails sur l’éphémère existence, mais non moins riche de la chanteuse, d’une gorgée de bordeaux.

« Benjamin, connaissais-tu Janis Joplin ?

-Non, enfin pas vraiment, mais elle est stupéfiante.

-Ou, par bien des points cette femme est surprenante ...

-Comme toi Mathilde, j’étais loin d’imaginer que ...

-Que j’écoutais autre chose que de la musique classique, tu ne connais rien de moi Benjamin, juste une image, un peu comme Janis du reste ....

-Ah oui, pourquoi, dis tu ça ? »

Mathilde avait allumé une cigarette.

 « Tu fumes ? Je ....

-Arrête de me prendre pour une sainte ...J’ai beaucoup fumé, pas que du tabac du reste, mais bon, la fumée te dérange, Benjamin ?

-Non je t’en prie, tu me sidères, j’ai l’impression de découvrir une autre femme, et pire j’ai encore plus envie de toi...Alors pourquoi ressembles- tu à Janis ?

-Et bien Janis Joplin était loin d’être la fille agressive qu’elle affichait en public, c’était une femme timide et très sensible. Tu vois un peu à l’inverse de moi....

-Il est vrai que je n’aurais jamais soupçonné que...

-Que, Benjamin, j’ai été étudiante avant que d’être femme, j’ai eu très tôt une vie peuplée d’amours volages, rien ne nous l’interdisait dans les seventies .J’avais à peine 12 ans quand Janis est morte, et je ne l’ai découverte que quelques années plus tard, mes années fac...

-Et, où veux –tu en venir ?

-Nulle part, arrête de chercher des explications à tout...Elle a eu juste la chance de vivre son époque pleinement, même si cela l’a tuée.

Elle a vécu des tas d’aventures d’une nuit avec les plus grands de cette époque, Jim Morrison, ou encore Éric Clapton, pour les plus connus, et notamment Léonard Cohen qui a écrit une chanson en son honneur.

-Tu sais, je me sens comme un con de t’avoir offert des bas- couture...

-Non, il ne faut pas d’ailleurs regarde, je ne les ai pas quittés. »

Elle l’avait embrassé, ôté sa chemise, puis s’était allongée sur lui comme une prédatrice...

« Je vais te faire l’amour, Benjamin, peut être t’aimer, et alors toi aussi tu auras peut être envie d’écrire une musique pour moi

-Comment sais-tu que j’écris de la musique ?

-J’en sais beaucoup plus sur toi que toi sur moi.

-Tu es si mystérieuse.

-C’est bien pour cela que tu m’aimes ...

C’est vrai ! »

Avant que de le rejoindre sous les draps, elle avait recherché le morceau de Cohen, elle l’avait posé sur la platine.

Elle savait qu’elle allait se perdre dans cette aventure, souffrir aussi, mais pour l’instant le souffle court et le regard brillant, elle allait prendre un plaisir insensé à se vautrer impunément entre les bras de son jeune amant. Elle avait mordu les lèvres de Benjamin jusqu’au sang .La vie était bien trop courte pour passer à côté. Alors qu’elle s’appliquait à se confondre en délicates caresses sur le poitrail de Benjamin totalement dépourvu de poil, qu’elle posait de doux baisers mouillés sur sa peau, la pluie s’était mise à tambouriner sur le velux entrouvert.

Cette averse soudaine l’avait faite frissonner privant tout à coup de toute spontanéité son entreprenant périple sensoriel. Sans compter sur Mozart, de retour de son escapade nocturne bien trop humide pour un chat, qui sans aucune invitation était venu se réfugier contre le corps de sa maîtresse.

« Je crois que les éléments nous sont hostiles, c’est peut être un signe Benjamin, nous sommes déjà maudits par tous les dieux du ciel, Zeus et Jupiter réunis nous on jeté la foudre.

-Et toi tu es aussi mystérieuse qu’Artémis et aussi belle qu’Aphrodite...Peu importe la pluie...

-Oui peu importe la pluie, mais Mozart lui, il est de trop .Un instant...

-Reste...

-Quelle impatience ! Es-tu donc pressé de rentrer ?

-Non je n’ai pas l’intention de rentrer chez moi, je veux passer la nuit avec toi, t’aimer, te faire l’amour encore jusqu’à ce que épuisée de plaisir tu me supplies d’arrêter ton calvaire

-A la bonne heure, j’ai donc le temps de donner à manger à Mozart pour qu’il nous foute la paix »

Sur ce, elle s’était levée, plus légère qu’une plume, et juste vêtue de bas, porte jarretelles, avait enfilé ses hautes mules à talons donnant à sa cambrure une allure résolument insolente.

« Mathilde ?

-Oui !

- Sais-tu à quel point j’aime ton cul, sais-tu à quel point il me fait... Regarde... 

-Effectivement ...pas besoin de tuteur .

-Mathilde ne sois pas ironique, j’aime vraiment ton petit cul, c’est un vrai bijou. Lorsque j’ai découvert la finesse de tes chevilles et de tes cuisses, j’ai imaginé la suite ... »

Mathilde lui avait donné l’impression de ne plus l’écouter sous un faux air d’indifférence.

Elle s’était attardée en caresses sur le dos du chat ronronnant qui se frottait de façon langoureuse contre ses jambes...

« Tu ne dis plus rien Mathilde, je t’ai offusquée ?

-Pas du tout, mais j’ai rarement connu des hommes qui ait autant de retenue verbale à mon égard, ou de retenue tout court du reste. Les hommes n’aiment pas les méandres des préliminaires fastidieux et tu vois, moi je suis femme qui aime à jouer. A quoi bon se faire attraper en deux minutes, la tête dans l’oreiller et le cul haut perché, comme une vulgaire femelle en chaleur. Il n’est pas là le plaisir au féminin...les hommes sont bien souvent trop égoïstes...ou trop pressés.

-Que veux-tu dire ? Vas- tu me torturer ? Vais-je payer pour les autres ?

-Qui sait ...certaines tortures sont délicieuses...

-Tu aiguises ma curiosité ...

-Ne me provoque pas Benjamin, j’aime abuser de mes amants avant qu’ils ne m’abusent.

-Suis-je un amant au même titre que les autres ?

-Oh un vrai coq, le jeune homme ...

-Arrête ce jeu Mathilde, tu vas le regretter, là tu es vraiment en train de me foutre le feu...

-Vraiment ?

-Tu le sais, pas besoin de m’exciter ainsi...

-Mais peut être que je veux plus, plus de désir, plus de vice !

-Putain de chat, c’est le diable en personne cette bestiole, il a tout fait foiré »

Mathilde avait éclaté de rire

« Pas vraiment, nous allons jouer pour que ça dure, cette boule de poil à quatre pattes est malicieuse »

Elle s’était absentée un instant, puis sous le clapotement des dernières gouttes de l’averse sur le verre, elle avait murmuré fièrement et autoritairement 

« Ferme les yeux, Benjamin »

Comme un enfant sage, ou un élève à son instructeur, il avait obéi, ne songeant même pas à poser une question, la plus anodine soit-elle. Elle l’avait rejoint, l’air interdit, se glissant sur le lit. A cet endroit très précis qu’elle avait quitté quelques instants auparavant, le lit était frais .Mathilde avait ressenti la douceur de la couette sur sa peau nue, elle s’y était blottie, toute proche de Benjamin dont elle sentait la chaleur corporelle l’irradier.

Le silence s’était installé entre eux, un silence lourd presque oppressant, que Benjamin s’était empressé de rompre persuadé qu’elle était en train de le regarder.

« Que fais-tu Mathilde ?

-Je te regarde...Tu es beau !

-J’en étais sûr, puis je ouvrir les yeux maintenant ?

-Non pas du tout. Quel impatient tu fais...

-Met toi à ma place, c’est gênant, je suis tout nu, je ne te vois pas, tu me regardes...

-Aimes- tu ?

-C’est excitant et dérangeant à la fois, une sensation complexe ... »

Il l’avait entendu sourire, un sourire gai presque enjoué, souligné d’une respiration lente et cadencée.

« Que cherches-tu à me prouver Mathilde, que recherches-tu vraiment ? Vas-tu m’attacher ?

-Non, mon dieu, quelle drôle d’idée ...Approche toi.... »

Il s’était rapproché tant et tant de Mathilde qu’il avait senti son souffle contre son cou, chaud, envoûtant. Elle avait posé un baiser mouillé sur ses lèvres puis l’avait définitivement plongé dans le noir en lui barrant les yeux d’un bandeau profondément opaque.

« Je ne sais pas si je ne commence pas à regretter d’avoir désirer autant être ton amant, avait-il lancé en riant

-As-tu peur ?

-Non mais il semblerait que tu m’aies fixé un itinéraire bien particulier.

-Effectivement, on peut le voir comme cela, à quoi penses-tu ? »

Il s’était soudainement assis au bord du lit essayant de capturer une silhouette proche ou lointaine. Mathilde e sentait plus fébrile, à la limite de l’affolement. Elle avait creusé un écart entre eux, ponctué d’un calme troublant.

« Mathilde où es-tu ?

-Tu vas bientôt le savoir »

Au moment instant, ses perceptions sensitives décuplées, il s’était laissé guider par les fragrances du parfum de Mathilde

Je te sens si près, que fais-tu ?

-Je te regarde...

-Encore ...

-Tu ne bandes plus Benjamin, n’as-tu plus envie ...

-Tu es diabolique

-Et tu aimes ça, ah tu vois un sursaut de fierté,»

Tout en parlant, elle lui avait saisi sa main, l’avait porté à son front, lui avait courir l’arête de son nez, l’arrondi de ses joues.

Puis se saisissant de ses doigts, elle s’en était amusée sur le rebord de ses lèvres avant que d’en engloutir un, le pouce, l’enrobant de sa langue, l’emprisonnant entre ses lèvres, l’aspirant dans une chaude humidité. Benjamin, bien que se sentant observé, scruté, n’avait pu réprimer son érection de plus en plus évidente.

« Benjamin, quand tu m’as dit que tu m’aimais, j’ai failli te jeter à la rue.

-Pourquoi Mathilde c’est la vérité...En plus derrière ce bandeau, je ne vois de toi que ces images qui on fait mes souvenirs de toi, bien avant que je ne te touche, bien avant que tu m’entrouvres tes cuisses. Je te croyais inaccessible Mathilde, et tu es là devant moi à te jouer de moi, esclave de tes caprices de maîtresse femme, celle qui me faisait bander sans le savoir. »

Attentive prédatrice à ces révélations presque gênantes, Mathilde s’était figée, mais n’en avait pas pour autant perdu le fil de son machiavélique jeu.

« Tu ne me connais pas, Benjamin, je crois que tu es amoureux d’un fantasme.

-Oui ces images volées de toi, ces rêves me faisaient fantasmer, mais maintenant que je te connais mieux, j’aime ta double personnalité...vas tu me punir pour cela.

-Arrête de parler de punition, tu n’es plus un enfant, tel n’était pas le but de ton bâillonnement des yeux, j’avais juste envie que tu me découvres autrement, que seuls tes doigts ... »

Il avait su la trouver dans le noir, avait posé sa main sur sa bouche lui interdisant la continuation d’explications qu’il ne voulait plus entendre. Il s’était abattu sur elle, la projetant sur lit devenu plus chaud, puis s’était étendu contre elle, flanc contre flanc, le feu de son haleine contre le cou de Mathilde, sa joue râpeuse contre sa joue. Puis comme une brebis à son agneau, il s’était appliqué à lui lécher le museau à l’aveuglette, la dévorant de petits baisers gloutons, la lapant d’une langue gourmande.

L’effluve capiteux du sexe de Mathilde était en train de l’irradier, alors que ses narines au même instant captaient l’odeur mouillée de son rameau de chair se soulevant puissamment.

Cette complicité charnelle et olfactive avait soudainement mis à mal tous les projets élaborés par Mathilde. Follement excitée par le contact de la hampe ferme contre sa cuisse, elle s’était libérée de l’étreinte, pour, de ses lèvres et de sa bouche, s’emparer de ce butin grandiose que Benjamin lui offrait.

La voracité des ses lèvres avait surpris le jeune homme, totalement isolé dans les ténèbres du masque de satin noir.

« Non pas maintenant, nous avons tout le temps, je te veux, oui je te veux Benjamin, mais je te veux longtemps, laisse moi croire que tu es à moi ».

Alors même que sa phrase s’effilochait dans le silence de la pièce Mathilde avait soudain pris conscience de la portée de sa déclaration. Elle venait de se refuser le droit de résister à sa folie d’aimer un jeune garçon.

Benjamin n’était plus son élève, il était autre, si émouvant, une passion aussi surprenante qu’inespérée, une énergie flamboyante qui l’arracherait à l’ombre derrière laquelle elle s’était enfermée.

Sa vie de femme sans illusion semblait doucement la quitter, comme une âme s’échappe de son enveloppe corporelle après la mort. Une impression de temps perdu doublée d’un regret des joies gâchées ou ignorées du plaisir avait fait de cet instant, une rupture de son passé.

Ce jeune amant elle allait le tuer de désir.

Il lui apparaissait soudain comme l’Amour qu’elle n’avait jamais côtoyé, mi ange, mi démon, mi élève, mi maître de ses désirs envahissants.

Quitte à en souffrir, elle allait l’aimer, violant tabous et convenances, sans trébucher, sans se retourner, ni même trembler, elle allait l’aimer et puis le quitterait avant que de le désaimer, avant qu’il ne la quitte.

« Mathilde que fais-tu, je ne t’entends plus, ne me laisse pas ainsi.

-Tu peux enlever ton bandeau si tu le désires ...

-Je n’en ai pas envie, c’est comme quand je fermais les yeux en pensant à toi ton image au bord de mes paupières,»

Elle n’avait pas répondu, tant cette image fantasmagorique l’avait émue.

L’instant d’après, le regard toujours barré par le bandeau, Benjamin avait senti l’haleine de Mathilde le pénétrer et le charme de sa langue mélanger leur salive dans un long baiser. Sa bouche s’était faite amoureuse .Puis elle avait délacé le bandeau mortifère. Enfin débarrassé de son carcan visuel, Benjamin avait longuement caressé la poitrine de Mathilde, son regard la scrutant intensément au point de lui faire baisser le regard.

« Mathilde... ! »

A la seule prononciation de son prénom, elle avait frissonné comme une jeune étudiante ressentant les premiers émois d’une attirance physique pour tel ou tel garçon.

Elle était très paradoxale dans son comportement de femme amoureuse et Benjamin en était le douloureux exemple du moment. Elle aimait cette manière très particulière qu’il avait de ponctuer chacune de ses phrases quand il s’adressait à elle, de son prénom distinctement énoncé. Cette caractéristique lui avait donné une assurance qu’elle avait perdue au fil des années, ces années maudites qui avaient succédé à son divorce.

Cette séparation, logiquement annoncée, avait été la cause de sa perte d’identité, toute sa vie passée reposant sur son mariage, une confiance illimitée en son conjoint. Benjamin s’adressant à elle avec un profond respect, l’émouvait plus que de raison, mais n’expliquait en rien cette profonde attirance qu’elle éprouvait pour lui.

« Mathilde...

-Oui, Benjamin, tu vas me dire que tu vas rentrer, c’est cela bien sûr !

-Mais non que vas-tu imaginer encore ? Mathilde je n’ai pas osé te le dire, je ne voulais pas te contrarier

-Oui je vois, tu voulais juste me baiser, je me suis laissée séduire et...

-Mathilde... »

Il avait élevé le ton en forme de réprobation, visiblement, son acharnement à ne pas vouloir l’écouter l’avait énervé.

« Oui voilà c’est ça, je voulais te baiser, c’est fait, je peux rentrer chez moi... de toute manière je ne retournerai pas à l’académie et ne te verrai jamais plus ou alors par hasard .Quand tu me croiseras, tu penseras que j’étais un élève un peu plus particulier ».

Il s’était levé, avait ramassé ses affaires et commencé à se rhabiller. Comment avait-elle pu être aussi stupide ?

Deux « je t’aime », trois jolies paroles bien enrobées, Benjamin n’avait pas eu grande difficulté à la faire chavirer, elle, la libertine reconvertie en catéchiste du mardi soir. Elle n’avait même pas essayé de le retenir, résignée

Frissonnante, soudainement transie du froid sentimental qui venait de l’envahir, elle avait quitté le lit, presque étrangère à la présence de Benjamin, et s’était dirigée encore vêtue de son porte jarretelle et bas vers la salle de bain. Pas un mot n’avait jalonné son déplacement. Peu ou pas émue par cette soudaine métamorphose, Benjamin avait suivi sa sortie théâtrale jusqu’à la voir disparaître derrière les vitres opaques de sa douche. Lorsque les premières éclaboussures d’eau chaude avaient ruisselé sur sa peau, elle avait entendu la porte d’entrée claquer bruyamment. Qui de l’eau ou de ses larmes l’avaient la plus grimée, rimmel, fard confondus, ses yeux n’étaient plus que deux vagues pupilles cernées de noir délavé.

Elle avait tenté, dans un moment de haine de se laver de ces péchés de chair qui venaient de la condamner définitivement avant que de se laisser glisser le long des carrelages ruisselants.  Recroquevillée sur elle-même, assise à même le bac de la douche, l’eau en cascade sur ses épaules, elle pleurait sur sa stupidité.

Deux mains puissantes l’avaient arraché à son inconfortable position...

« Putain, Mathilde, qu’est ce que tu fous ? Mathilde, je voulais juste t’avouer que j’avais peur du noir ...et que tout à l’heure dans les ténèbres de mon bandeau, j’étais bien, j’étais en confiance avec toi et que j’arrivais à apprivoiser ma phobie. Mais bien sûr, tu n’écoutes rien, tu veux tout gérer...

-Non, je ...

- Dis-moi, Mathilde

-Arrête de m’appeler Mathilde à tout bout de champ ...

-Désolé...quel est ton problème, dis moi, Mathilde, je t’aime.

-Mathilde, Mathilde, tu ne comprends pas, ça me fait craquer ».

Il avait enveloppé Mathilde dans une grande serviette, essayant au mieux de la réconforter, mais totalement dépourvu d’arguments, car ignorant du pourquoi de son comportement.

Comme une mère à son enfant, il avait, avec une énergique sagesse, séché les cheveux de sa maîtresse avant que d’y poser un doux baiser, puis l’avait serrée dans ses bras à l’étouffer.

« Mathilde, c’est la garce que j’aime, pas la gamine, ressaisis toi... 

-Et moi, l’homme pas le gamin !

-A la bonne heure, elle m’aime, voilà une super nouvelle. 

-Écoute Benjamin, je crois qu’il vaut mieux que tu me laisses maintenant, j’ai besoin de sommeil, de faire le vide dans ma tête.

-Je ne veux en rien te contrarier, je vais partir, mais sache que dès demain matin, je serai devant ta porte avec les croissants pour un petit déjeuner érotique. Prenons le temps d’apprendre à nous connaître, prenons le temps de nous manquer, prenons....

-D’accord, d’accord, Benjamin, mais j’ai si peur de te faire du mal, je ne suis pas la femme que tu crois...

-Nous verrons cela demain »

Il l’avait accompagnée jusqu’au lit, l’avait couverte, embrassée sur le front tendrement puis était sorti, intrigué du comportement pour le moins étrange de Mathilde, mais heureux d’avoir pu la rassurer. Il l’aimait, il l’aimait vraiment au-delà du désir et des plaisirs. Cette femme qu’une dualité intérieure malmenait, était devenue son obsession et sa raison.

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Crédit photo raw-art.tumblr.com

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Il n'y a pas de honte à aimer le porno, mais c'est tellement meilleur lorsqu'il est bien réalisé :-)